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jeudi 28 octobre 2010

Pêcheurs de Lune


D’autres contes traditionnels font de la Lune un objet merveilleux qui se trouve non pas dans le ciel, mais sur Terre. Ainsi le héros d’un conte de haute Bretagne, ‘’La Perle’’, confisque à un géant, une Lune qu’il conservait dans sa cheminée et qui avait le pouvoir d’éclairer à sept lieues à la ronde. Le géant d’un autre conte Breton, déroba au roi de France, une demi-lune, qui placée au sommet de la plus haute tour du château, répandait sa lumière à plus de dix lieues à la ronde. Quand au géant Hok-Bras, il décrocha la Lune pour la poser sur le clocher de Landerneau.

Le ‘’Roman de Renard’’ ainsi qu’un lai de Marie de France, racontent la mésaventure du loup qui, errant, de nuit à la recherche de sa pitance, rencontra compère Renart. Ce dernier l’engagea à se pencher au-dessus de la margelle d’un puits où se reflétait la pleine Lune. La prenant pour un fromage blanc, le loup sauta à l’eau et se mit à la laper frénétiquement. Dans une variante de ce conte originaire de Bretagne, c’est le visage d’une jeune fille que le loup aperçoit dans le puits. Dans les deux cas, le loup, bredouille, ne parvient qu’à se noyer.

Paul Sébillot évoque de la tradition des ‘’pêcheurs de Lune’’, que l’on retrouve aussi bien dans le Midi que dans le nord de la France : ‘’Les gens de Montastruc ont comme sobriquet Pesco-Luos’’, et l’on raconte qu’ils tentèrent de pêcher la Lune qui se reflétait dans le Gers. La Lune ayant disparu au moment où un âne allait boire à la rivière, ils l’éventrèrent pour chercher l’astre dans son ventre.

Les ‘’Copères’’ de Dinant, quant à eux, prennent le reflet de la Lune dans l’eau pour un plat d’argent. Pour mieux l’attraper, ils se pendent par les pieds, les uns aux autres. En revanche, les habitants de Mondon et de Tarcenay, en Franche-Compté, essayent d’attraper la Lune en entassant des tonneaux les uns sur les autres. Comme ils n’en ont jamais assez, ils ôtent les tonneaux qui se trouvent en dessous afin de prolonger la pyramide… qui bien entendu s’écroule!

Source :
La Lune; Mystères et Sortilèges, par Édouard Brasey
Éditions du Chêne

La Lune croquemitaine


La Lune est parfois présentée comme un croquemitaine. ‘’Si vous n’êtes pas sage, Madame la Lune va vous manger.’’ Disait-on jadis aux enfants de Saint-Brieuc. De même en Wallonie, on menaçait les enfants en leur disant que la Lune surnommée Bazin, allait venir les prendre : ‘’Voilà Bazin qui v’louke’’ (Voilà Bazin qui vous regarde). À Tournai, si l’on contemple trop longtemps le bonhomme dans la Lune, il se fâche et lance des pierres.

En Morbihan, l’astre prend l’apparence d’une Vieille de la Lune qui s’en va frapper à la porte d’une ménagère ayant laissé brûler sa chandelle de nuit pour terminer son travail. La femme refuse d’ouvrir et s’entend répondre par la Vieille de la Lune : ‘’Estimez-vous heureuse d’avoir gardé votre porte close. Si vous m’aviez ouvert, je vous aurais tuée sur le coup. Car je suis jalouse de ma lumière, et ne supporte pas que l’on profane ma nuit par le travail!’’
Une légende de Saint-Malo raconte comment la Lune un jour avala la mer pour la punir d’avoir causé un naufrage. Un capitaine de navire alla la trouver pour la supplier de remettre la mer à sa place, car les marins ne pouvaient plus naviguer. La Lune recracha alors la mer, après lui avoir fait promettre qu’elle lui serait toujours soumise.

Source :
La Lune; Mystères et Sortilèges, par Édouard Brasey
Éditions du Chêne

L’homme dans la Lune au Japon


Ces croyances ne sont pas l’apanage des légendes européennes car, on les retrouve également dans certaines tribus d’indiens de la côte nord-ouest de l’Amérique, en Sibérie, en Chine et au Japon. En Asie, le bonhomme dans la Lune porte à la place du fagot, un joug aux extrémités duquel se balancent deux seaux (il s’agit d’une jeune fille chez les lakoutes et les Bouriates). Son séjour sur l’astre nocturne est généralement lié à l’expiation d’une faute, mais il peut également faire l’objet d’une récompense.

Ainsi une légende des îles Ryukyu, au Japon, rapporte que jadis la Lune brillait d’un plus bel éclat que son époux le Soleil. Ce dernier réclama à sa femme, un peu de sa lumière, prétextant que les voyageurs qui marchent durant la nuit sont moins nombreux et n’ont pas besoin de voir aussi clair. Mais la Lune fit la sourde oreille et refusa de sacrifier le moindre de ses rayons. Hors de lui, le Soleil poussa la Lune, qui tomba alors sur la Terre dans une marre remplie de boue. Un paysan qui passait par là posa son joug à terre et vint la nettoyer avec l’eau puisée à ses seaux mais, malgré tout ses efforts, il fut incapable de lui rendre son éclat premier. La Lune retourna alors au ciel, et depuis, à chaque pleine Lune, elle invite le paysan à lui rendre visite là-haut. De la vint l’explication des taches que l’on voit à sa surface; il s’agit du vieux paysan japonais harnaché de son joug et de ses seaux.

Source :
La Lune; Mystères et Sortilèges, par Édouard Brasey
Éditions du Chêne

mardi 26 octobre 2010

Anningan; Le mythe du viol du Soleil


Les Inuits, ont une légende qui met en scène un dieu lunaire et une déesse solaire. Ils sont frère et sœur, et vivent ensemble depuis l’origine du monde, dans une entente qui à défaut d’être parfaite, est bonne. Ils se partagent le ciel, et il fut un temps où les heures des nuits et des jours, étaient à nombre égal. C’était avant le vent de folie qui souffla sur Anningan, qui perdit la raison et s’éprit violemment de sa sœur. Un jour, alors que la déesse solaire Malina s’y attend le moins, son frère, le dieu lunaire Anningan la viole. Alors, la déesse Malina s’enfuit, et commence une chasse et une course, qui n’en finissent plus, depuis. Elle n’a de cesse de fuit son horrible frère, qui la poursuite de ses incestueuses assiduités.

La nuit de l’attaque d’Anningan contre sa sœur Malina, à eu des répercussions importantes. Ils ne vécurent plus jamais en harmonie, et les jours et les nuits ensuite, n’eurent plus le même nombre d’heures en tout temps, toute saison. Anningan avait brisé le cœur de sa sœur, rompu leur lien de confiance et rompu l’harmonie des jours et des nuits. Malina cette nuit-là, n’avait pas subi les outrages de son frère sans se débattre farouchement, et d’ailleurs on raconte que durant le combat qu’elle mena pour sauvegarder sa vertu, une lampe pleine à ras bord d’huile de phoque, s’est renversée et à couvert les mains de Malina, de noir. De ses mains noircies, alors qu’il commettait son crime, la déesse du soleil parvint à repousser son frère échoué sur son corps et repu. Ce faisant, de ses mains sales, elle laissa sur son visage blanc, des taches noires. Ensuite, elle prit la fuite et courut le plus loin possible, pour ne plus jamais être rejointe et prise de force à nouveau, par son odieux frère. Les Inuits racontent que les taches sur la Lune, sont les traces noires laissées sur le visage d’Anningan, pas sa sœur Malina.



Anningan s’est lancé à la poursuite de Malina, et n’a de cesse depuis, de la poursuivre éternellement. Forcené, son éternelle poursuite fait de lui un être de plus en plus maigre et décharné, à chaque nuit qui passe. C’est ainsi que les Inuits explique que la Lune s’amincit de soir en soir chaque mois à partir de sa phase décroissante. À la fin du mois, quand Anningan disparaît soudain, réduit à une taille famélique indicible, les Inuits racontent qu’il quitte trois jours, chaque fois (chaque mois) pour aller se sustenter, manger et refaire ses forces, pour mieux revenir pourchasser sa sœur. Chaque nuit sans lune, il refait ses forces pour mieux reprendre sa terrible course.

Depuis le viol du soleil, la déesse solaire Malina se tient le plus loin possible de son frère, et c’est ce qui explique qu’ils se lèvent à des moments différents, marquants les jours et les nuits. C’est depuis ce temps aussi, que les saisons sont si marquées par une grande noirceur qui perdure des mois, et un soleil haut qui perdure des mois, à son tour, l’autre portion de l’année.

Source :
Inuit Mythology par Evelyn Wolfson (auteure) et William Sauts Bock (illustrateur)
Éditions Barnes and Noble

mardi 24 août 2010

La Lune


Avec un diamètre de 3476 km –contre 12714 km pour celui de la Terre- la Lune est l’unique satellite naturel de notre planète. À certains égards, c’est une planète jumelle de la Terre. Les deux corps sont liés par la gravitation : la période de rotation de la Lune autour de son axe correspond exactement à sa période de révolution (27 jours, 7 heures, 43 minutes); cela explique pourquoi nous voyons toujours la même face de la Lune, l’autre face restant cachée. Il y a toutefois une différence essentielle entre la Terre et notre satellite : la Lune est un astre mort, pratiquement sans atmosphère, sans eau de surface et où il n’y a pas de vie possible; pour autant que nous le sachions.

Comme toutes les planètes, elle n’est visible que parce qu’elle réfléchit la lumière. Le premier et dernier croissant de la Lune- comme le disque complet de la pleine lune- sont directement illuminés par le Soleil, selon un cycle de phases de 29 jours et demi. Au cours de ce cycle, la part visible de la Lune croît depuis la nouvelle Lune, en passant par le premier quartier, jusqu’à la pleine Lune, puis elle décroît, à partir du dernier quartier, devient un croissant qui s’amincit peu à peu et finit par disparaître jusqu’à la nouvelle Lun. Parfois, dans le ciel, le soir, on découvre un beau phénomène connu sous le nom de ‘’clair de Terre’’; la lumière du Soleil réfléchie par la Terre atteint la partie obscure du disque lunaire, et l’éclaire faiblement.

Satellite d’une planète moyenne, la Lune n’a évidemment pas le même rang que le Soleil dans la hiérarchie des astres. Cependant, pour nous, le Soleil et la Lune forment un duo. Ce sont les deux plus grands objets lumineux de notre ciel, et ils sont presque universellement considérés comme des jumeaux qui se partagent le jour et la nuit. En outre, du fait d’une coïncidence extraordinaire, qui émeut sans doute plus les poètes et les amateurs de mythologie que les astronomes, bien qu’ils soient séparés de nous par des distances très différentes, ils nous semblent tout les deux à peu près de la même grosseur.

Le symbolisme lié à la Lune, dans les différentes civilisations et à toutes les époques, paraît tout d’abord extrêmement diversifié, complexe et plein de contradictions, surtout quand on le compare à la relative unités des représentations mythiques du Soleil. Cependant, on peut voir dans cette disparité, une expression du caractère changeant et inconstant de l’astre de la nuit. Au cours de la préhistoire, il semble que la Lune ait eue une importance plus grande que le Soleil, et, selon toute apparence, dans la majorité des civilisations, on a commencé à établir un calendrier en comptant les ‘’mois lunaires’’ plutôt que les saisons solaires; il apparaît que le plan de nombreux sites mégalithique a été établit en fonction de certaines données astronomiques, et notamment celles de l’orbite de la Lune. Le nom du dieu lunaire japonais, Tsuki-Yomi, dérive des termes signifiants ‘’Lune’’ et ‘’compter’’.

La représentation du dieu lunaire de l’ancienne Égypte, Thot, parfois doté d’une tête d’ibis ou de chien, ou prenant la forme d’un babouin portant un croissant de Lune sur la tête, témoigne d’une ancienne conception religieuse : la Lune et le Soleil, en se levant et en se couchant, se remplacent mutuellement dans le ciel. Lorsque le dieu solaire Rê effectue son voyage dans le monde souterrain, aux cours des heures d’obscurité, on fait appel à Thot pour prendre sa place dans le monde supérieur. Dans certains récits, c’est Rê qui a crée la Lune pour éclairer le ciel durant la nuit, et qui a chargé Thot de la garder. Ce dernier tient également le calendrier du monde, et il a enseigné à l’humanité, les arts et les sciences. Plus tard, il a été identifié à Hermès par les Grecs. À une époque plus récente, Thot est devenu une source d’inspiration pour la doctrine hermétique des Grecs, des Arabes et des Européens.

Le rôle régulateur de la Lune sur le cycle menstruel (ce dernier mot vient du grec ‘’menses’’, qui signifie Lune) était lié directement, dans l’Antiquité, à la fécondité. Lorsqu’on est passé du matriarcat au patriarcat, la Lune s’est vu attribuer un rôle de plus en plus féminin, alors que le Soleil était associé à la partie masculine de la société. On trouve une représentation caractéristique de la Lune et de sa féminité en la personne de la déesse lunaire Ch’ang-o, ou Hang-o, l’une des divinités les plus vénérées des Chinois. La fête de la Lune, qui se tient le jour de la pleine Lune qui suit l’équinoxe d’automne, est l’une des trois grandes fêtes annuelles. Elle est dédiée uniquement aux femmes et aux enfants, et les hommes n’ont pas le droit d’y prendre part. On façonne de petites statues en forme de lapin, ou des soldats à têtes de lièvre –deux animaux lunaires- et les enfants font des offrandes à la Lune qui se lève. Dans la mythologie Ch’ang-o est la femme de l’archer I, qui reçut l’élixir d’immortalité pour avoir sauvé l’humanité en abattant neuf des dix Soleils, alors qu’ils se levaient ensemble, conspirant pour brûler le monde. Un jour, I rentra chez lui et constata que son épouse avait bu l’élixir; elle s’était enfuie vers la Lune et I se lança à sa poursuite. Le lièvre lunaire offrit une protection à la femme et força I à abandonner sa poursuite. Depuis ce jour on considère que Ch’ang-o vit dans la Lune et qu’elle est un modèle de beauté et de modestie.

Aujourd’hui, on considère souvent comme allant de soi, le caractère féminin de la Lune; pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi, comme on peut le voir en Égypte où elle prend la forme du dieu masculin Thot. Au Japon, Tsuki-Yomi est un dieu lunaire, et dans la mythologie mésopotamienne, le dieu lunaire Sin, est représenté sous les traits d’un vieil homme portant une barbe; c’est même la divinité la plus importante d’un trio qui comprend aussi Shamash, le dieu du Soleil et Ashtart, l’équivalent de Vénus.

Dans la mythologie brahmanique, on dit que les âmes des défunts vont dans la Lune. Cette identification de notre satellite au royaume des morts soulève un problème qui concerne sa signification symbolique. Ses phases en effet, présentent une certaine analogie avec les cycles organiques et la vie de la nature; la mythologie de certaines contrées de l’Amérique du Sud, fait de la Lune la mère des végétaux. Dans l’ancienne Mésopotamie, certains considéraient que c’était la chaleur de la Lune et non pas celle du Soleil, qui apportait aux plantes l’énergie nécessaire à leur croissance. Et en même temps, à l’inverse, pour beaucoup de peuples, ces phases ont été synonymes de décrépitude et de mort. Cette ambivalence, cette coexistence de la vie et de la mort, on la retrouve dans l’identification de la Lune à une divinité triple qui se manifeste sous de très nombreux aspects, en particulier sous celui d’une trinité féminine, par exemple, les trois Graces, ou encore, les trois sorcières. Les poètes de la Grèce antique voyaient dans Artémis (la Diane des Romains), chasseresse et vierge, la ‘’déesse aux trois formes’’, ses deux autres personnalités étant Séléné, c'est-à-dire la Lune qui parcourt le ciel, et Hécate, la déesse mystérieuse du monde souterrain. Cette divinité triple peut être apparentée aux trois phases su cycle lunaire : l’arc d’argent porté par Artémis représente le croissant de la nouvelle Lune, alors que Séléné est la pleine Lune, et Hécate, l’aspect obscur de l’astre. Cette dernière possède elle-même une personnalité triple, et elle est souvent décrite comme une femme ayant trois corps ou trois têtes. Elle erre parmi les âmes des morts, et des aboiements de chiens annoncent son approche. Elle se tient sur les tombeaux, dans les lieux solitaires, à la croisée des chemins, et enseigne la sorcellerie et la magie. On la dépeignait parfois sous les traits d’une vieille femme (allusion à la dernière phase du cycle lunaire) et son culte donnait lieu à des libations à la fin de chaque mois.

Dans la mythologie, l’influence que la Lune exerce sur les marées se reflète dans le symbolisme relatif à l’eau. En Inde, par exemple, dans les mythes brahmaniques, le dieu Soma (du mot ‘’soma’’ désignant une boisson hallucinogène qui était, dit-on la nourriture des dieux et qui contenait le fameux élixir d’immortalité) était identifié à Candra, la déesse de la Lune, et représentait les eaux de la vie. Dans les anciens contes germaniques, la Lune correspond souvent à l’eau, aux ruses. Dans l’un des plus connus, le renard persuade le loup que le reflet de la Lune apparaissant sur une mare est une jeune fille qui se baigne. Le loup plonge dans l’eau pour tenter de s’en saisir et se noie.

On retrouve les phases de la Lune dans de nombreux mythes de toutes les régions du monde. Chez les Maoris, la Lune (un personnage masculin) enlève la fille du dieu Rona. Ce dernier furieux, de ce rapt, décide d’affronter la Lune et leur combat dans el ciel date de cette époque. Lorsque la Lune décline, on dit qu’elle est fatiguée de combattre et qu’elle a besoin de repos; elle le prend durant la période où elle est en phase de croissance; à la pleine Lune, le combat reprend de plus belle.

En astrologie et en psychologie, la Lune symbolise souvent le monde subliminal, la lumière faible du non-conscient, opposée à la brillante clarté de la conscience, et elle représente souvent l’âme, face à la claire conscience de soi personnifiée par le Soleil.

The Secret Langage of the Stars and Planets
Par Geoffrey Cornelius et Paul Devereux
Éditions Duncan Baird Publishers

Emergence de la Lune selon les Navajos


‘’Dans certaines cultures, l’allégorie relative à l’origine de l’Univers est plus élaborée, bien que toujours fondée sur l’idée d’un centre mystérieux de la création. Les Navajos ont une très belle théorie. Au temps des grandes ténèbres, le Père-Ciel est descendu, et la Mère-Terre s’est levée pour le rencontrer; sur le sommet de la montagne où a eue lieu leur union, les ancêtres de l’humanité ont trouvé une petite statuette de turquoise. Elle est devenue la déesse immortelle Estsatleh ‘’celle qui se régénère par elle-même’’ ; après s’être transformée en femme mûre, puis en vieille femme, elle renaît sous la forme d’une enfant. Quatre filles lui sont nées à partir de différentes parties de son corps, et une cinquième a été engendrée par son esprit.

Le Soleil est sorti des perles de turquoises, sur son sein droit et, la Lune a émergé des coquillages blancs, sur son sein gauche. Il est interdit de la représenter et les dieux eux-mêmes n’ont pas le droit de contempler son visage. ‘’

The Secret Langage of the Stars and Planets
Par Geoffrey Cornelius et Paul Devereux
Éditions Duncan Baird Publishers

mardi 13 juillet 2010

L'Antiquité grecque et romaine

La mythologie grecque classique porte la trace de cette opposition du principe entre une conception matriarcale et lunaire du monde, incarnée par la dyade mère-fils, une conception patriarcale et solaire, marquée par une trinité mâle. Ainsi, les disputes incessantes entre Zeus et son épouse Héra ne sont qu'une illustration de cet antagonisme de fond: Zeus cherche à imposer son pouvoir suprême sur l'emsemble des dieux : avec l'accord de ses frères Poséidon et Hadès, mais ses actions sont sans cesse contrecarrées par la déesse lunaire Héra, qui représente ici l'une des figure de la Grande Déesse. Cette déesse suscitera plus tard un héros mythique , Héraclès (dont le nom signifie Gloire d'Héra) qui, lors de ses douze travaux, aura la vocation de purifier le monde et de restaurer l'antique pouvoir vriginal de la Grande Déesse lunaire.

En réalité, la civilisation grecque et la si riche mythologie sur laquelle elle s'appuie, ont cherché à concilier plutôt qu'à opposer les visions matriarcale et patriarcale du monde, religion de la Lune et religion du Soleil. Toutes les préirpéties, les aventures, et les exploits vécus par les dieux grecs et leurs héros se résument peut-être à ceci: qui du Soleil ou de la Lune doit avoir la suprématie? En apparence, l'Antiquité gréco-romaine a choisi le règne solaire; la gloire et les honneurs vont tout naturellement à Zeus, Poséidon, Hadès et Appollon. Mais à y regarder de plus près, le pouvoir véritable demeure auprès des déesses qui, avec discrétion, vivent dans l'ombre des dieux pour mieux les manipuler.

Ces divinités cousines, tantôt bienveillantes, tantôt angoissantes, apparaissaient au fil des phases de la Lune. Du premier croissant de Lune à la Lune Noire, en passant pas la pleine Lune, tout un panthéon de déesses lunaires défilaient ainsi, chaque nuit, dans le ciel grec. Autant de visages différents, appartenant à la même entité: la Grande Déesse lunaire qui, depuis l'origine des temps, veille sur sa Création.


Artémis et Diane

Artémis, fille de Zeus et de Léto, descend directement de la Titanide Phoebé. Déesse de la Lune nouvelle et croissante, elle apparaît comme une vierge belle et chaste, montée sur un char traîné par deux taureaux, portant un flambeau à la main et un croissant de lune sur le front. Elle est naturellement la protectrice des jeunes filles ainsi que des animaux et de la nature, c'est pourquoi les Grecs voyaient en elle la déesse des Bois et de la Chasse. Dans la mythologie romaine, elle avait pour nom Diane et veillait sur la chasteté et les naissances.

Artémis était la soeur jumelle d'Apollon, dieu de la Lumière et du Soleil, et se plaçait sur un plan d'égalité avec lui. Cette déesse de la Lune naissante avait pour mission d'apporter la lumière dans la nuit accompagnée de ses nombreuses nymphes, desquelles elle exigeait une chasteté parfaite. Pourtant, elle était souvent invoquée par les femmes en travail, car sa mère Léto, l'avait conçue sans douleur. Pour cette raison, les Parques lui demandaient d'être la protectrice des naissances. À côté de Diane, les Romains adoraient unedivinité secondaire, Lucine, représentée avec un croissant de Lune dans les cheveux, que l'on invoquait au moment des accouchement.


La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

lundi 5 juillet 2010

L’œil d’Horus

Les Égyptiens vénéraient avant tout le Soleil, assimilé au tout-puissant dieu Râ, mais ils vouaient également un culte particulier au dieu lunaire Khonsou, représenté sous la forme d’un taureau brillant à la pleine lune et d’un bœuf vieillissant à la lune décroissante. Ce dieu fut ensuite féminisé sous la forme d’une vache céleste. Isis la majestueuse, coiffée des cornes lunaires de la vache, symbole de fécondité, était pour Apulée, auteur latin du IIème siècle de notre ère, le nom suprême de la Reine des Cieux. Mais les caractéristiques lunaires trouvent un écho plus précis dans les métamorphoses successives du dieu Osiris, qui meurt pour ressusciter et voit son propre corps coupé en quatorze morceaux (soit une demi-lunaison), à l’exemple de la Lune qui change constamment d’aspect et ne disparaît du ciel que pour mieux réapparaître au bout du troisième jour.

La Lune, enfin, est liée à Horus, le fils divin d’Isis et Osiris, dont elle symbolise l’un des yeux. Le Livre des Morts, raconte comment Horus, pour venger la mort de son père, défia en combat singulier, son oncle Seth. Durant la lutte qui les opposa, Horus arracha les testicules de Seth qui, hurlant de douleur, lui jeta des ordures dans l’œil gauche; la Lune. L’œil malade se mit à s’écouler hors de son orbite, suivant ainsi la décroissante de l’astre nocturne jusqu’à sa disparition totale. Mais, heureusement, quinze dieux placés sous la surveillance de Thot, le dieu des Nombres et du Temps, parvinrent à guérir l’œil malade d’Horus; ces quinze dieux correspondant aux quinze jours nécessaires à la restauration complète de l’œil d’Horus, jusqu’à la pleine Lune. Chaque mois, la phase décroissante de la Lune correspondait donc en Égypte à l’influence maléfique de Seth et des puissances du Mal. Mais cette influence était contrebalancée, en lune croissante, par l’œuvre restauratrice de Thot et des puissances du Bien.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

Culte du dieu Sin


Sumer et Babylone

Voici 5000 ans naquit sur les rives fertiles de la Mésopotamie, entre Tigre et Euphrate, l’une des plus anciennes civilisations humaines répertoriées à ce jour. Sur un territoire correspondant à peu près à l’Iraq actuel, les Sumériens puis les Babyloniens qui leur succédèrent, posèrent les bases d’une cosmogonie et d’une religion qui allaient influencer la majorité des civilisations antiques, des Égyptiens aux Hébreux, en passant par les Grecs. Pour ces peuples archaïques, la divinité la plus importante, à laquelle ils vouaient un culte fervent, était le dieu-Lune Nanna, appelé plus tard Sin, fils d’Enlil, le ‘’Seigneur de l’atmosphère’’, et père du dieu-Soleil Outou. Ce premier culte lunaire était célébré dans la cité d’Ur. Le dieu avait sa résidence dans un temple situé à la base d’une grande ziggourat, sorte de tour à plates-formes superposées et ouvertes sur le ciel dont les ruines ont été dégagées et restaurées par l’archéologue Leonard Woodley entre 1924 et 1934. Le prêtre de cette religion lunaire se tenait au sommet de la ziggourat et attendait que la barque céleste vienne s’amarrer à l’embarcadère sacré, tandis que la foule des fidèles se massait dans la cour du temple. La ‘’barque céleste’’ (à savoir la forme qu’adopte le croissant de lune lorsque les pointes dont dirigées vers le haut) était l’attribut le plus visible et le plus populaire du dieu Sin, au point que les Sumériens le surnommèrent familièrement ‘’la Barque’’.

Sin était un dieu mâle plus puissant que le Soleil lui-même. Il présidait à la fécondité, aux eaux et au destin des hommes. Mais il n’était pas invulnérable, puisque chaque mois, après la pleine lune, il décroissait jusqu’à disparaître. Les Babyloniens expliquaient l’obscurcissement progressif de la Lune décroissante par les attaques de sept démons qui, chaque mois, se lançaient à sa poursuite, pour la dévorer. Le dieu Sin faisait appel à d’autres dieux pour mettre les démons en déroute. Le dieu lunaire pouvait alors se régénérer et reprendre sa forme première. En attendant, évidemment, l’attaque suivante des démons.

La région du dieu lunaire Sin avait des répercussions jusque dans l’organisation politique et sociale de la cité, puisque les rois de Babylone étaient considérés comme des images vivantes du dieu-Lune. C’est pourquoi, lorsque le satellite disparaissait du ciel, trois nuits par mois, le roi s’abstenait de toute action et de toute décision, laissant la reine assumer ses fonctions. Peu à peu, le culte voué à sa propre fille, la déesse Ishtar, puis par d’autres cultes rendus à de nouvelles divinités issues de cultures étrangères. Il en fut ainsi jusqu’à ce que le roi Nabonide, au VIème siècle, avant notre ère, découvre une inscription votive dédiée à Sin datant de 2000 ans avant J.-C. Nabonide rétablit alors la primauté du culte de Sin et se fit construire plusieurs temples de la Lune.

Après la conquête de Babylone par les Perses, en 539 avant J.-C., le culte lunaire dut maintenu. C’est ainsi que l’empereur romain Julien l’Apostat, ainsi nommé parce qu’il avait abjuré le christianisme pour revenir aux anciens cultes païens, serait venu en pèlerinage au temple de la Lune de Haran en 363, juste avant de trouver la mort lors d’une campagne contre les Perses.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

lundi 14 juin 2010

Xochiquetzal : Fleur de quetzal (aztèque)


Xochiquetzal : Fleur de quetzal

(Mythes et Légendes du Monde Entier, Éditions de Lodi)

Xochiquetzal, dite aussi Fleur-Plume, est présentée coiffée de plumes de l’oiseau quetzal. Divinité polyvalente, elle est aussi bien déesse de la Lune, des fleurs, du mariage et des enfants, que patronne des artistes et des tisserands. Jeune et avenante, réputée pour sa beauté, Xochiquetzal est aussi une ardente protectrice des valeurs familiales. C’était l’épouse du dieu de la pluie Tlaloc, mais Tezcatlipoca se prit à la désirer si ardemment qu’il finit par en perdre un pied dans sa lutte pour gagner son amour.

Elle est aussi déesse de la fertilité, des jeux, de la danse, et de l’agriculture. Son cortège était composé de papillons et d’oiseaux. Elle est aussi la déesse des artisans, des prostituées sacrées et des parturientes. Elle réside dans le neuvième ciel, la région du vent d’obsidienne itzeechecayan. Elle a pour frère jumeau le dieu Xochipilli. Tezcatlicopa l’envleva et elle fut forcée de se marier avec lui, mais elle eu aussi d’autres époux; Ixotecuhtli, Tlaloc et Centeotl. Elle est la mère de Quetzalcoatl, qu’elle a conçu avec Mixcoatl.

Ixchel: déesse de la Lune (Maya)

Ixchel déesse lunaire des Mayas

Riche personnalité qu’Ixchel, associée à la Lune, aux marées et aux inondations. Pour les uns, c’est l’épouse du dieu suprême Itzamna, pour les autres la compagne du dieu soleil Kinich Ahau (deux époux qui pourraient bien être les deux visages d’une seule divinité).

Une fois mariée, Ixchel découvrit sa stérilité et plongea dans un grand désespoir (en fait, la déesse était dénuée d’organes reproducteurs). Un jour, un cerf parut et piétina son ventre, la rendant ainsi apte à porter des enfants, le Bacabs.
D’un caractère capricieux et profondément lunatique, Ixchel est la bienfaisante déesse arc-en-ciel, protectrice de la maternité, l’inventrice de l’art du tissage. Mais on la connaît également sous les traits d’une vieille harpie, un serpent noué autour de la tête, des ossements ornant sa robe (à l’image de la déesse aztèque Coatlicue). Elle est représentée une cruche à la main qu’elle déverse, attentionnée, sur les cultures ou, rageuse, sous forme de déluge.

Le Bacabs
Itzamna le dieu suprême et Ixchel la déesse de la Lune eurent quatre fils, connus sous le nom collectif du Bacabs. Issus de parents haut placés, ils occupèrent à leur tour un haut rang dans le panthéon maya. La terre étant plate et carrée, les quatre frères eurent pour tâche d’en soutenir les quatre coins ainsi que de supporter les treize strates de la voûte du ciel. Souvent dépeint les bras levés, le Bacabs apparaît également sous la forme de jaguars et est par ailleurs associé aux quatre points cardinaux tels qu’ils sont ordonnés par l’arbre du monde maya : nord (blanc), sud (jaune), est (rouge) et ouest (noir). Le plus connu de la fratrie est Chac, le dieu de la pluie, et selon certains experts, le Bacabs serait les quatre visages de ce seul dieu.

Paragraphes précédents tirés du livre; Mythes et Légendes du Monde Entier, Éditions de Lodi

Mythe et informations complémentaire

Ixchell est une magnifique et ancienne déesse lunaire vénérée par les Mayas. Elle est la mère de plusieurs dieux et régule le cycle de la vie et de la mort. Elle est la gardienne des âmes, et vit son existence tant dans la peau d’une magnifique jeune femme lumineuse et séduisante, que dans la peau d’une sage matriarche sombre et puissante.

Le mythe d’Ixchel raconte qu’elle prit le Soleil pour amant, mais son grand-père en fut furieusement contrarié. Son grand-père lança donc sur elle, une attaque de foudre et la tua. Durant treize jours ensuite, les libellules chantèrent pour elle, en deuil. La magie de leurs chants provoqua sa résurrection. Elle reprit alors possession de sa vie, et retourna auprès du Soleil, mais leur liaison fut brève, car le Soleil l’accusa d’infidélité avec son frère. Elle fut alors évincée des cieux, mais pas pour longtemps. Le soleil comprit qu’il ne pouvait se passer de la compagnie de la magnifique déesse, et la supplia de revenir. Elle revint, mais peu de temps après son retour, le Soleil redevint jaloux à nouveau. Une légende raconte qu’il s’est emparé de son éclat, après une violente querelle. La laissant en possession d’une brillance argenté, lui ayant volé sa lumière solaire dorée. Elle se sentait trahie et, triste, elle le quitta.Cette fois, elle le quitta pour de bon. Depuis lors, elle demeura invisible au soleil, demeurant sous le couvert de la nuit et prenant la forme du jaguar. Elle devint véritablement libre, allant et venant selon ses uniques et propres désirs, ne laissant plus jamais personne être maître de sa vie et de sa destinée.

Ixchel était aussi celle qui arrosait les semences, en répandant la pluie, et son cet aspect, elle était nommée ‘’Dame Arc-en-ciel’’. Elle tire d’ailleurs son nom du mot arc-en-ciel (chel signifiant ceci et Ix signifiant déesse). Les femmes mayas au moins une fois dans leur vie, devait compléter un pèlerinage sur l’île sacrée d’Ixchel ( « île des femmes » Isla de las Mujeres), pour lui offrir des présents et recevoir sa bénédiction. Durant des centaines d’années, des femmes firent ce pèlerinage par bateau, et plusieurs des autels dédiés à Ixchel existent encore sur l’île.

Ixchel est une déesse forte, qui refuse de devenir une victime et qui prend en pleine main, possession de sa vie et de ses moyens. Elle refuse tout oppression. Elle fait face à l’adversité, sans detours. Elle s’alloue sans honte et sans remords, le pouvoir de choisir.

Ixchel est la déesse de la maternité, des sages-femmes, de l’obstétrique, de la médecine, de la fertilité et de la guérison. Elle préside aux naissances, et protège les futures-mères. Déesse de guérison et de médecine, elle est la patronne des médecins et des shamans (hechiceros). Ces derniers utilisaient des amulettes contenant de petites idoles et des pierres de divinations également, lors de rituels sous l’égide d’Ixchel.

Le lien entre cette déesse et la Lune est indéniable; elle en est la lumière, le mystère et l’expression de toutes ses phases. Elle a aussi cependant, un lien privilégié avec la terre. Un visage d’elle est celui d’une femme à la tête enserrée par un serpent, des os ornant sa jupe, et des oreilles et des griffes de jaguar composant sa physionomie. Sous sa forme de jaguar (forme sous laquelle elle voyage entre les mondes et échappe au Soleil) elle représente à la fois une shamane et une guerrière lunaire venant errer et se balader sur terre. Il ne faut pas oublier qu’elle est aussi celle qui arrose la terre, les champs et les semences. En plus de la lune et de la terre, elle est aussi déesse des pluies, des marées, des inondations, des tempêtes, de la foudre, des éclairs, du tonnerre et des catastrophes. Elle est déesse des cycles, du pouvoir sacré féminin, de la sexualité sacrée. Elle est à l’image de la Lune; une et multiple, et elle est déesse puissante, indépendante et auto-suffisante.

Elle personnifie la lune, mais une kyrielle de symboles lui sont associés. L’arc-en-ciel, par exemple, qui pour les mayas était un symbole de la fin de la destruction et de la naissance d’un âge nouveau de changement. La Lune électrique aussi, qui est placée sous le signe du cerf, qui est un animal majeur chez les mayas, parc qu’il est l’une des formes du dieu Tohil (dieu du tonnerre). Un dieu qui apparaît sous la forme d’un cerf blanc en général (symbole de la puissance virile et sexuelle masculine fertile) et apparut en cerf rouge à la déesse Ixchel.
De nos jours, dans le sud du Mexique, la déesse Ixchel est encore honorée, lors du Festival d’Ixchel, se tenant le 8 décembre. Ce festival est animés de processions, de bénédictions de bateaux et de champs.

L’île de Mujeres (l’île des Femmes) située près du Yucatan au sud du Mexique, est dotées de nombreuses statues de femmes. Ainsi que de temples, dédiés à Ixchel. Le plus important temple d’Ixchel situé à la pointe sud de l’île sur une falaise près du phare à malheureusement presque été entièrement balayé par le terrible ouragan Gilbert en 1988. On peut encore y deviner les murs et l’architecture. Le lieu servait aussi de poste d’observation astronomique.

mardi 8 juin 2010

Séléné; mythologie lunaire


Filiation et apparence
Déesse grecque, fille des Titans Hypérion et Théia, et sœur d’Hélios le Soleil et d’Éos l’Aurore. Pour sa part, elle est déesse de la Lune, et en particulier de la Pleine Lune. En effet, elle est particulièrement associée à cette phase de la Lune. Car elle fait partie d’une trinité qui est la suivante : Artémis (croissant de Lune), Séléné (Pleine Lune) et Hécate (nouvelle Lune). Elle est cependant l’essence même de la Lune et sa plus pure représentation. Elle est l’astre lui-même, et pour les romains, elle sera connu sous le nom simpliste de Luna. Fait intéressant, selon l’Hymne homérique à Hélios, elle serait la fille d’Hélios et d’Euryphaessa. Cependant, les sources qui causent de cette filiation sont beaucoup moins nombreuses, et moins connues. Elles ont pourraient-on dire, une importance poétique et une richesse de liens et de symboles, sans guère plus. Il est intéressant de noter qu’elle est considérée comme une déesse archaïque.

En effet, Hélios et Séléné sont des déités préolympiques. Quand Hélios terminait sa balade dans le ciel, sa sœur Séléné prenait le relais, quittant le royaume d’Océanus, territoire aqueux qui ceinturait le monde, l’entourant. Alors que la nuit arrivait, la déesse quittait donc ce royaume des eaux, pour regagner le ciel. Commençait alors le voyage de Séléné au travers les étoiles.

Une autre filiation qui trouve son origine et son explication dans l’époque où s’installa le règne de la toute-puissante Artémis, est la suivante : Séléné serait tout comme Artémis, fille de Zeus. Il s’agit là d’une récupération opérée pour mettre les deux déesses au même niveau. À cette même époque, on en a aussi fait la fille du titan Pallas. La référence la plus facile à trouver à ce sujet, étant une ligne dans l’œuvre homérique ‘’Hymne à Hermès’’ et son insistance patrilinéaire caractéristique qui va comme suit : ‘’ Brillante Séléné, fille du seigneur Pallas, fils de Megamedes.’’

Quand la déesse Artémis a pris beaucoup plus de place et d’importance, on a porter atteinte au mythe original de Séléné; à la fois pour la confiner en bonne seconde et ombre lunaire d’Artémis, et à la fois pour conserver sa précieuse antique et incontournable présence. On a donc un peu écorché son mythe très ancien et original à la fois pour son bénéfice et à son détriment. Heureusement, on peut remonter à ses origines, car c’est une déesse antique qui a laissé sa trace bien claire et nette. On a donc incorporée Séléné dans les mythes devenus plus importants, concernant la belle déesse Artémis; à la fois pour la conserver, et pour en faire une parente de pâle figure.

Elle est plus souvent qu’autrement décrite, comme une très jolie femme au visage d’une blancheur étincelante, portant des tenues longues, fluides, blanches et argentées. Sa tête ornée d’un croissant de lune couché sur le dos. Parfois, elle est décrite ayant des ailes blanches dans son dos. On dit d’elle qu’il lui arrive de porter une torche dans sa main droite, et qu’elle voyage dans la vastitude du ciel stellaire, dans un char en argent, tiré par deux chevaux d’une blancheur immaculée. On dit aussi qu’après ses baignades dans l’océan, elle aime faire des courses dans le ciel; un char d’argent tiré par des chevaux blancs, mais parfois par des bœufs blancs ou des dragons à l’apparence serpentine. Luisant d’une lumière argentée, on dit aussi qu’il est possible de la voir se balader parmi les étoiles, montant un étalon blanc ou un taureau blanc, renvoyant sa douce lumière laiteuse en complicité avec son frère Hélios, sur la Terre et ses enfants endormis.

Son nom est associé à celui d’une pierre, mais aussi à l’élément chimique nommé Selenium, ainsi qu’à la sélénologie qui constitue l’étude de la géologie de la Lune. Son nom tant qu’à lui, dériverait d’un mot qui signifierait ‘’brillance’’ et on fait parfois le lien avec un terme grec désignant les ‘’lumières du nord’’ les aurores boréales. Il ne serait pas impossible que le nom de cette belle déesse soit aussi lié à ce phénomène naturel des cieux.

Mythe
Le mythe de Séléné est un mythe ancien, qui date d’avant même le panthéon Olympique. Ce qui fit qu’éventuellement, elle fut supplantée par la présence d’Artémis, et dans la mythologie romaine, ce fut le cas aussi avec Luna qui fut peu à peu remplacée par Diane. Apollonios de Rhodes (poète et grammairien grec, disciple de Callimaque de Cyrène et auteur de la longue épopée ‘’Les Argonautiques’’) se réfère à Séléné comme la fille des Titans qui tomba follement amoureuse d’un mortel, qui était chasseur ou berger. Dans la version de Pausanias il s’agissait d’un roi d’Élis (ou Éleia) nommé Endymion, d’Asie Mineure.

À l’instar de sa sœur Éos (Aurore) elle eut de nombreux amants (Pan, Zeus et Endomyon étant les plus importants) et fut une amoureuse sincère et une amante passionnée. Le dieu Pan tomba amoureux d’elle, et pour la séduire, lui offrit un troupeau de bœufs (et de vaches) blancs. Comme cela ne suffisait pas, il se changea en bélier à la toison d’un blanc immaculé et éclatant pour la séduire. Ce fut sous cet aspect qu’elle tomba sous son charme, et ensuite il gagna son amour et ses faveurs. Le dieu des bergers, des montagnes, de la chasse et de la musique rustique, fameux compagnons des nymphes, sut ainsi gagner le cœur de la belle déesse de la Lune. Selon Virgile, Pan lui offrit ses deux destriers tirant son chariot argent, en plus de la séduire en revêtant la plus blanche des peaux de bélier (et non pas en se changeant en bélier immaculé).

Elle fut aussi l’un des nombreuses conquêtes de Zeus, qui lui donnera deux filles; Pandia et Ersé (la Rosée). C’est lui qui lui offrira la magnifique toison blanche et étincelante, de laquelle elle est parfois vêtue. Et qui est associée à la gelée blanche givrée des froids premiers matins de printemps.

Son grand amour, et le plus marquant, fut cependant celui qu’elle nourrit pour Endymion avec lequel elle aura cinquante filles. Ultimement, elle le plongera dans un sommeil éternel pour qu’il conserve à jamais sa beauté, mais surtout qu’il ne meurt jamais (car il est simple mortel et elle ne peut imaginer vivre sans lui). Ne pouvant se résigner à vivre un jour sans lui, et à le voir mourir et disparaître à jamais, elle obtint pour lui de Zeus, une immortalité, et Endymion fut endormi pour l’éternité. (Parfois la demande émane du berger et amant de Séléné lui-même, et c’est elle qui lui a procuré cet état d’un commun accord. D’ailleurs, il est une version ancienne plausible, qui est sans doute la première, c'est-à-dire que son origine date d’avant l’arrivée de Zeus et d’une toute-puissance patriarcale. C’est que Séléné est une déesse très ancienne, et si son étoile a pâlit en un certain moment, elle n’en demeure pas moins une déesse archaïque qui fut plus que fort probablement dotée de pouvoirs puissants dont elle put elle-même user sans besoin d’un ancien amant, fut-il le dieu des dieux. J’aime personnellement beaucoup cette vision de son mythe, qui fait d’elle une déesse capable et indépendante, qui plongea elle-même avec amour son amant adoré dans un sommeil éternel qui le préservait de la mort, à jamais. Avec l’accord de ce dernier d’ailleurs, et sans perfidie, égoïsme ou vicissitude.) Séléné venait le voir régulièrement dans une grotte du Mont Latmos en Carie, lors de son passage dans le ciel, et le caressait de ses rayons d’argent, le baignant de sa tendre lumière laiteuse. Une légende raconte aussi que lors de la présence d’Hécate dans le ciel, elle en profitait pour s’éclipser du ciel pour se glisser physiquement aux côtés de son amant plongé dans le sommeil éternel. Une autre légende raconte qu’à chaque nouvelle lune Séléné se cachait pour ne pas être mangée par un dragon terrible. On effectuait dans le but d’éviter ce désastre, de nombreux rituels. Mais pour l’explication de son ‘’départ du ciel’’ à chaque lune nouvelle ou noire, je préfère celle du retour mensuel d’Hécate souveraine et de Séléné allant rejoindre Endymion…

Cicéron (dans Tusculanae Disputationes) atteste lui-même que la version du mythe où Séléné demande à Zeus de procurer à son amant le sommeil éternel, est révélateur de la transformation d’un mythe archaïque pour le transformer à la faveur de la mythologie de l’ère Olympique, très patriarcal qui récupéra nombre de mythes pour les changer et incorporer à saveurs plus patriarcales. Cicéron reconnaissait ainsi, que la déesse devait en fait avoir au départ, user de son pouvoir de manière autonome , et qu’Endymion n’est pas sa pauvre victime passive de femme perfide et égoïste, mais un amoureux mortel consentant. Il aurait lui-même accepté ce sort, pour ne jamais perdre la vie, sachant surtout que sa divine amante allait le rejoindre le plus souvent que possible. Car il est aussi dit qu’elle le caressait toutes les nuits, et allait le voir régulièrement.

Elle eut d’Endymion cinquante filles; les Ménae, incluant naxos, la nymphe gameuse qui donna son nom à l’île de Naxos. Le sanctuaire d’Endymion au Mont Latmos existe encore; il conserve sa forme de fer à cheval, avec un hall muni de piliers.
Pandia, la fille qu’elle eut de Zeus et ton le nom signifie ‘’éclatante brillance’’ et elle est l’incarnation de la brillance. Comme telle, sa beauté était renommé parmi les dieux eux-mêmes. Elle était pourvue de par sa mère, d’une sœur (avec Zeus) et de cinquante sœurs, les Ménae. Mais aussi (par son père) d’un frère monstrueux; le Lion de Némée, tué par Hercule (Héraclès). Une légende dit que parfois, Séléné offrait ou cédait sa place dans le ciel, à sa radieuse fille Pandia, lors de la pleine Lune. Peut-être à cette occasion, allait-elle rejoindre Enymion le bel endormi?

À noter ; les Ménae sont les déesses des phases de la Lune. Les filles de Séléné et Endymion présidaient aux cinquante mois du calendrier lunaire qu’utilisaient les grecs pour mesurer le temps. (Parmi les Menae on peut nommer Nemea, Mesomene, Meniskos et Mene. Celles qui correspondent aux phases les plus connues de la Lune, qui demeurent actuelles encore aujourd’hui.)

Peuple de la Lune
Les Sélénites ou Séléniens sont les habitants de la Lune. Leur existence a été soupçonnée à plusieurs reprises, par plusieurs cultures à travers les âges, les époques et les temps. Ils ont bien sûr hérité leur nom, de celui de la déesse Séléné. Ils sont évoqués au IIe siècle, par Lucien de Samosate dans ce qui est considéré comme le premier écrit de science-fiction : l’Histoire Véritable : ‘’Une alliance est faite entre les Héliotes et leurs alliés, les Sélénites et leurs alliés, à conditions que les Héliotes raseront la muraille d’interception et ne feront plus d’irruption dans la Lune.’’ On les retrouve présents ensuite, dans plusieurs légendes, œuvres littéraires, et même, cinématographiques. Ils sont décrits comme des êtres graciles, aux mouvements fluides et aux physionomies délicates. Arborant un teint pâle et des tenues blanches, argents et jouant de transparence voilée. Beaucoup leur apparente les fées, lutins, nymphes et autres créatures fantastiques, élémentales et mythologiques.

Conclusion
Séléné n’est pas une déesse vierge, c’est une mère et une amante Lunaire. Les cinquante filles qu’elle eues avec Endymion sont le symbole d’une union longue et heureuse. Le sommeil de son amant, suppose qu’elle le protège à jamais, amoureusement. C’est une déesse très anciennes, aux racines profondes et c’est une déesse forte et douce à la fois. Assumée, séductrice et libre, mais capable de fidélité, de grand amour, d’engagement et de sentiments profonds. C’est une déesse de la Lune parmi les plus anciennes, une déesse puissante, douce, maternelle, séductrice et magicienne. Une amante libre et assumée, une amoureuse engagée et aimante. Une beauté éthérée et sensuelle, une déesse inspirante en somme!