jeudi 28 octobre 2010

De lune en lune


De lune en lune,
Entre les brumes,
Mon corps se joue,
De la lumière…

Ma raison se faufile
Fuyant, serpentant,
Entre les propos
Oiseux et inutiles.

Sinueusement, je vais,
Mon chemin, comme,
Une rivière coulant,
Entre les rochers,

Comme le souffle du vent,
Comme le ventre du serpent,
Frôlant la terre silencieusement.
Comme la flamme ondulante.


21 janvier 2009.
Plume de Lune

Lumière de lune



La lumière de lune
Révèle les cicatrices de l’âme,
Tout comme elle met en relief,
Les beautés insoupçonnées…

Éclat mystique émanant
Du ciel, quand il se vêt,
De ses milliards d’étoiles.
Sa clarté enlace l’aura,

De chacun et, les yeux ouverts,
Certains peuvent déceler,
Secrets et couleurs inédites.
Lumière de Lune, pâle, discrète.

Certains diront froide.
Alors qu’elle réchauffe mon cœur,
Plus que tous les feux,
Quand sa face est ronde et pleine.

Lumière laiteuse, rayon lacté.
Mère du ciel, sœur de cycles.
Ta lumière m’enchante, m’éblouie.
Ta lumière révélatrice et mystique,

Pave ma voie et élève mon âme.

1er mai 2009.
Plume de Lune

Dans l’ombre de la Lune



Dans l’ombre de la Lune,
J’ai caché mes peurs,
J’ai enfouis mes pleurs.
Dans l’ombre de la Lune,

Je me suis cachée,
Des regards acérés,
Qui jugent et condamnent,
Sans même hésiter.

Car sous l’amure,
Ma chair est trop fragile,
Car malgré les apparences,
Mon cœur vulnérable,

Est à portée de coups et de mains.
Dans l’ombre de la Lune,
Je me suis réfugiée.
Le dernier refuge où,
Les assauts mesquins des hommes,

Ne peuvent plus m’atteindre.
Pas plus que le chant des sirènes,
Faussant les notes, mais au charme
Puissant, irrésistible…

Dans l’ombre de la Lune,
Je me suis retranchée,
Sans honte, si amertume.
J’ai tourné le dos, fermé,

Quantité de portes,
Sans le moindre regret.
Dans l’ombre de la Lune,
J’ai repris des forces,

Je me suis réapprise,
Pour mieux vivre, ma vie.

1er mai 2009.
Plume de Lune

Ballade à la Lune, Alfred de Musset



''Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L'histoire
T'embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T'aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu'à ton front
D'albâtre
Ses dogues aboieront.

T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament!

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.''

La Lune croquemitaine


La Lune est parfois présentée comme un croquemitaine. ‘’Si vous n’êtes pas sage, Madame la Lune va vous manger.’’ Disait-on jadis aux enfants de Saint-Brieuc. De même en Wallonie, on menaçait les enfants en leur disant que la Lune surnommée Bazin, allait venir les prendre : ‘’Voilà Bazin qui v’louke’’ (Voilà Bazin qui vous regarde). À Tournai, si l’on contemple trop longtemps le bonhomme dans la Lune, il se fâche et lance des pierres.

En Morbihan, l’astre prend l’apparence d’une Vieille de la Lune qui s’en va frapper à la porte d’une ménagère ayant laissé brûler sa chandelle de nuit pour terminer son travail. La femme refuse d’ouvrir et s’entend répondre par la Vieille de la Lune : ‘’Estimez-vous heureuse d’avoir gardé votre porte close. Si vous m’aviez ouvert, je vous aurais tuée sur le coup. Car je suis jalouse de ma lumière, et ne supporte pas que l’on profane ma nuit par le travail!’’
Une légende de Saint-Malo raconte comment la Lune un jour avala la mer pour la punir d’avoir causé un naufrage. Un capitaine de navire alla la trouver pour la supplier de remettre la mer à sa place, car les marins ne pouvaient plus naviguer. La Lune recracha alors la mer, après lui avoir fait promettre qu’elle lui serait toujours soumise.

Source :
La Lune; Mystères et Sortilèges, par Édouard Brasey
Éditions du Chêne

L’homme dans la Lune au Japon


Ces croyances ne sont pas l’apanage des légendes européennes car, on les retrouve également dans certaines tribus d’indiens de la côte nord-ouest de l’Amérique, en Sibérie, en Chine et au Japon. En Asie, le bonhomme dans la Lune porte à la place du fagot, un joug aux extrémités duquel se balancent deux seaux (il s’agit d’une jeune fille chez les lakoutes et les Bouriates). Son séjour sur l’astre nocturne est généralement lié à l’expiation d’une faute, mais il peut également faire l’objet d’une récompense.

Ainsi une légende des îles Ryukyu, au Japon, rapporte que jadis la Lune brillait d’un plus bel éclat que son époux le Soleil. Ce dernier réclama à sa femme, un peu de sa lumière, prétextant que les voyageurs qui marchent durant la nuit sont moins nombreux et n’ont pas besoin de voir aussi clair. Mais la Lune fit la sourde oreille et refusa de sacrifier le moindre de ses rayons. Hors de lui, le Soleil poussa la Lune, qui tomba alors sur la Terre dans une marre remplie de boue. Un paysan qui passait par là posa son joug à terre et vint la nettoyer avec l’eau puisée à ses seaux mais, malgré tout ses efforts, il fut incapable de lui rendre son éclat premier. La Lune retourna alors au ciel, et depuis, à chaque pleine Lune, elle invite le paysan à lui rendre visite là-haut. De la vint l’explication des taches que l’on voit à sa surface; il s’agit du vieux paysan japonais harnaché de son joug et de ses seaux.

Source :
La Lune; Mystères et Sortilèges, par Édouard Brasey
Éditions du Chêne

mardi 26 octobre 2010

Anningan; Le mythe du viol du Soleil


Les Inuits, ont une légende qui met en scène un dieu lunaire et une déesse solaire. Ils sont frère et sœur, et vivent ensemble depuis l’origine du monde, dans une entente qui à défaut d’être parfaite, est bonne. Ils se partagent le ciel, et il fut un temps où les heures des nuits et des jours, étaient à nombre égal. C’était avant le vent de folie qui souffla sur Anningan, qui perdit la raison et s’éprit violemment de sa sœur. Un jour, alors que la déesse solaire Malina s’y attend le moins, son frère, le dieu lunaire Anningan la viole. Alors, la déesse Malina s’enfuit, et commence une chasse et une course, qui n’en finissent plus, depuis. Elle n’a de cesse de fuit son horrible frère, qui la poursuite de ses incestueuses assiduités.

La nuit de l’attaque d’Anningan contre sa sœur Malina, à eu des répercussions importantes. Ils ne vécurent plus jamais en harmonie, et les jours et les nuits ensuite, n’eurent plus le même nombre d’heures en tout temps, toute saison. Anningan avait brisé le cœur de sa sœur, rompu leur lien de confiance et rompu l’harmonie des jours et des nuits. Malina cette nuit-là, n’avait pas subi les outrages de son frère sans se débattre farouchement, et d’ailleurs on raconte que durant le combat qu’elle mena pour sauvegarder sa vertu, une lampe pleine à ras bord d’huile de phoque, s’est renversée et à couvert les mains de Malina, de noir. De ses mains noircies, alors qu’il commettait son crime, la déesse du soleil parvint à repousser son frère échoué sur son corps et repu. Ce faisant, de ses mains sales, elle laissa sur son visage blanc, des taches noires. Ensuite, elle prit la fuite et courut le plus loin possible, pour ne plus jamais être rejointe et prise de force à nouveau, par son odieux frère. Les Inuits racontent que les taches sur la Lune, sont les traces noires laissées sur le visage d’Anningan, pas sa sœur Malina.



Anningan s’est lancé à la poursuite de Malina, et n’a de cesse depuis, de la poursuivre éternellement. Forcené, son éternelle poursuite fait de lui un être de plus en plus maigre et décharné, à chaque nuit qui passe. C’est ainsi que les Inuits explique que la Lune s’amincit de soir en soir chaque mois à partir de sa phase décroissante. À la fin du mois, quand Anningan disparaît soudain, réduit à une taille famélique indicible, les Inuits racontent qu’il quitte trois jours, chaque fois (chaque mois) pour aller se sustenter, manger et refaire ses forces, pour mieux revenir pourchasser sa sœur. Chaque nuit sans lune, il refait ses forces pour mieux reprendre sa terrible course.

Depuis le viol du soleil, la déesse solaire Malina se tient le plus loin possible de son frère, et c’est ce qui explique qu’ils se lèvent à des moments différents, marquants les jours et les nuits. C’est depuis ce temps aussi, que les saisons sont si marquées par une grande noirceur qui perdure des mois, et un soleil haut qui perdure des mois, à son tour, l’autre portion de l’année.

Source :
Inuit Mythology par Evelyn Wolfson (auteure) et William Sauts Bock (illustrateur)
Éditions Barnes and Noble