lundi 25 octobre 2010

Le jardin de minuit


‘’Sous la lune nous jouons,
Avec le crépuscule commence,
Notre journée,
Alors que nous dansons,
La mort s’éloigne.’’


-Sous la Lune, Thomas Ravenscroft

La magie de la Lune est puissante. Il suffit de s’aventurer dehors pendant que les autres dorment pour être récompensé de sa peine, en apercevant peut-être des fées danser dans l’herbe douce, à l’abri des bois sombres ou dans la lande désolée.



La nuit est propice aux enchantements. Les légendes regorgent de récits où un mortel surprend une ronde nocturne de créatures surnaturelles dansant au clair de lune. ‘’Je n’avais jamais vu une fée ou un lutin, raconte le protagoniste d’une histoire écossaise se déroulant au XIX ème siècle, mais ma mère en a vu tout un groupe. Elle était avec d’autres jeunes filles du village en train des traire leurs vaches lorsque le crépuscule est tombé; elles ont alors pu observer une foule de fées, qui dansaient et s’asseyaient dans la verte praire.’’

Si vous n’avez pas la chance de tomber sur une telle assemblée surnaturelle, vous pouvez toujours user d’un charme magique pour y parvenir. Pour réussir ce sortilège, vous devrez sortir dans votre jardin, et patienter aux côtés d’une chatte noire. Le chat doit-être caressé jusqu’à ce qu’il ronronne ; la première fois que l’animal s’étire, on doit tracer un signe de croix sur sa fourrure en l’oignant de vin, et faire la même chose sur soi. Il faut ensuite caresser trois fois la queue de la bête, en fermant l’œil gauche, puis l’œil droit, en disant :

‘’Elfes, de la nuit, charmez mon regard,
De vos silhouettes aperçues au clair de lune;
grâce à ce charme et avec ce signe de croix,
Je vous en supplie, exaucez mon souhait.’’


Il n’est pas inutile de prendre la précaution –au cas où les esprits voudraient vous jouer un mauvais tour- de se prémunir de l’aide d’un trèfle à quatre feuilles. Un tel stratagème fut employé avec succès par une héroïne d’une légende anglaise du XIX ème siècle rapportée par J.H. Hewing. Elle fut capturée par les fées mais réussit à s’échapper pendant qu’elles dansaient en formulant le vœux grâce à un trèfle à quatre feuilles.


À chaque phase de la lune correspond une magie spécifique. La lune rousse est à la fois propice pour planter des fleurs et pour concocter ses propres sortilèges. La pleine lune correspond quant à elle à l’apogée de la puissance magique, et annonce que les créatures surnaturelles sont de sortie. La lune décroissante est au contraire un moment favorable pour les chasser. Lorsque la nuit est noire, aucune magie ne peut-être entreprise. Il faut savoir attendre son heure, et si, le vent est bon, vous pourrez alors voguer le long d’un rayon de lumière, jusqu’en terre de Faerie.

Source:
Les Fées du Jardin, par Beatrice Phillpotts
Éditions Le Pré Aux Clercs

jeudi 21 octobre 2010

Pleine Lune du samedi 23 octobre 2010


Une Lune ronde très marquée, particulière forte, puissante même. Marquée par un esprit de changement drastique, couvant de profondes renaissances et gaillarde de l’énergie nécessaire pour porter la charge assumée des transformations encourues. Une pleine lune d’octobre sous le signe du Bélier, avec des pointes d’influences de la Balance et du Soleil. Cette pleine Lune touchera donc tout particulièrement les Bélier et Balance premier décan. C’est une lune qui secoue, plumes, poils et puces, qui oblige à faire tomber les peaux et poids mort une fois pour toute. Elle nous glisse dans un inconfort, dans des zones temporairement inconnues, mais pour le mieux. Elle bouscule donc, bien sûr, mais ses effets seront souverainement positifs. Elle peut nous clouer au lit pour nous intimer de ralentir de rythme, nous forcer à se pencher sur soi et à plonger vers ailleurs, elle peut nous apporter une rencontre surprenant, voire inespérée, elle peut nous apporter une occasion, un chemin que l’on ne voyait plus ou pas. Lune d’illumination, de changement de cap, de changement de direction, d’orientation, voir de branche. C’est une Lune très active, où seul un soupçon de réflexion aura sa place, car les doutes n’ont aucun terreau fertile sous son passage régnant.

C’est une Lune de réorientation, de changement de peau, de renaissance et de renouvellement. Les engagements pris et scellés sous son œil blanc seront profonds et durable, malgré l’aspect coup de tête de l’affaire. C’est une Lune qui semble spontanée, mais dont les changements et répercussions seront en profondeur et aux effets et développements à long terme.

C’est une pleine Lune très efficace pour retrouver tout ce qui est perdu; objets, souvenir, mémoire et confiance en soi. Elle fortifie et, soutient la démarche. Elle est aussi souveraine pour les communications par la voie des rêves, avec les guides, esprits et anciens disparus. Il est fort à parier qu’ils sont très bavards en ce moment, et qu’ils ont beaucoup à nous dire et à nous enseigner. C’est aussi une Lune formidable, pour parer les énergies négatives, les attaques psychiques, et autres ondes peu favorables. Elle offre une protection dynamique, faisant office d’un bouclier qui chasse et repousse avec beaucoup d’efficacité. En ce sens, il ne faut pas hésiter à requérir son aide; par des chants, souhaits, prières et rituels.
Cette Pleine Lune nous pousse dans le dos, vers une direction encore inconnue et inexplorée, bon gré et mal gré. Elle est très autoritaire, volontaire et forte. Elle peut étourdir certain, faire peur à d’autres, mais se laisser porter par ses influences et son mouvement, c’est prendre part à un beau voyage dont on ne reviendra pas pareil, ni perdant. C’est une Lune bouleversante, mais si riche, pour ceux qui ont des batailles à mener, elle sera une alliée sûre et solide. Si on se branche sur son énergie, on aura la force, les énergies et la confiance volontaire nécessaires pour affronter et passer au travers des conflits et autres combats. Elle soutient ceux qui sont plongés dans les batailles.

C’est une Lune qui marque des renaissances à plusieurs niveaux, et en particulier les renaissances spirituelles. Si la spiritualité débute à faire son entrée, il est fort à parier qu’elle connaîtra une augmentation significative. C’est une Lune qui est très favorable aux guérisons psychologiques et à tout ce qui touche au système nerveux.

Si elle remue beaucoup de choses, elle sera source de lumière et de chaleur; ce n’est pas une froide et pâle pleine Lune. Plusieurs au bout de la route qu’elle éclaire au travers des brumes, toucheront leur idéal, et d’autres l’atteindront. Elle soutient et renforce la volonté. Les sens s’emballent, le corps peut-être mis à rude épreuve, l’imagination peut s’emporter, mais au final, après les séismes, se révélera toute la beauté de ce dont elle est porteuse. Ce qui ressemble à de l’impulsion, est en fait un mouvement largement mûrit, qui a sans doute été l’objet de plusieurs et moult hésitations auparavant. Le pas en avant soudain, est nécessaire et incontournable. Elle peut isoler, rendre les rapports brièvement complexes, le temps de démêler, comprendre et absorber ce qui nous arrive. Cependant, le rayonnement et le partage des nouveaux acquis, du renouveau, ne tardera pas à se faire sentir.

On prend conscience du chemin parcourut, de la somme de nos expériences et on passe à autre chose, fort de ce que l’on est et de ce que l’on porte. C’est la fin marquante non seulement d’un cycle, mais d’une époque. La mort d’une chose, pour un important passage vers autre chose. Et pour de renouveau et ce passage, la somme de nos expériences se révéleront utiles et précieuses. Il y aura un temps pour plonger, un autre pour s’intérioriser et un dernier, pour absorber la renaissance. Le tout se passant plutôt rapidement pour plusieurs d’entre nous. Ce ne sera pas sans heurts pour tous, et ceux qui ne sont pas conscients seront peut-être même rudement déboussolés ou bousculés, mais tout rentrera ultimement dans l’ordre. Un voyage s’amorce, peut importe sa forme; changement radical de vie, de foi, changement professionnel, naissance, mariage, nouvelle rencontre, divorce. Il y a beaucoup de chance que la transformation soit majeure, mais elle aura des répercussions profondes et positives. Il ne faut pas fuir, il faut faire face.

Bonne Pleine Lune à tous et à toutes.

Herbes et encens : myrrhe, vétiver et œillet.
Pierres : lapis-lazuli, pierre de lune, grenat.
Bougies : indigo, bourgogne et blanche.

Belle Perle Céleste,
Ta venue dans les cieux,
Anime les cœurs et,
Délie les natures.

Tu es Lune blanche,
De feu sacré, qui,
Brûle tout ce qui est ancien,
Pour laisser place au renouveau.


Vient mettre le feu,
Aux peaux mortes,
Et aux poids traînés,
Depuis trop longtemps.

Ton souffle vif, est,
Celui qui pousse les dos,
Des mal assurés et hésitants,
Ne laissant pas le choix,

Aux transformations
De s’opérer, sous ton regard.
Œil bienveillant et parfaitement rond,
Veille sur ce changement;

De peau, de cap, de cycle et de vie.
Offre ta force et ton soutient,
Aux âmes changées et,
Aux natures renouvelées.

Sois remerciée, belle Lune ronde,
Et puisses-tu veiller,
Sur toutes les nombreuses âmes,
En ébullition, sur notre chère Terre.

mardi 5 octobre 2010

Lune Noire du jeudi 7 octobre 2010.


C’est une Lune Noire en Balance sous les influences du Soleil, avec les énergies de Saturne et de Mercure. C’est une Lune de dualité, de contraste et de paradoxe. C’est une Lune qui nous permet d’entrer en contact avec notre soi, mais aussi, en contact profond avec les autres. Surtout, avec certains individus en particulier. Il est fort à parier, que des amitiés seront renforcies, que des amitiés fleuriront là où on s’y attendait peut-être moins. C’est une Lune Noire qui surchauffe l’intuition et les émotions, et qui portent aux confidences. Vous pourriez confier un secret important, ou devenir dépositaire d’un secret important, de confidences sous le sceau du secret. C’est une lune qui impose une certaine passiveté à plusieurs natures, mais pourtant, il faudrait remuer puces et plumes. Il y a nécessité de bouger, de remuer, de faire un mouvement, malgré l’appel au confort casanier qu’inspire l’automne. Des occasions se présentent maintenant, qui ne reviendront pas plus tard; bougez-vous. Il ne faut pas céder à la fausse facilité et à la pensée magique. Nous sommes moins fragiles que nous le pensons, on ne doit pas faussement de garder et se sauvegarder, et sans se mettre en danger, il ne faut pas avoir peur d’agir. Il faut aussi savoir tirer des leçons du passé, qui nous relance et nous revient, mais sans s’y accrocher et en sachant le laisser aller. Prendre les enseignements qu’il contient, tout en lâchant prise. Pas facile. Plus facile à dire qu’à faire, je sais.

Cette lune noire nous teste beaucoup, nous offre plusieurs choix, qui peuvent nous donner envie de faire l’autruche ou la tortue, et d’attendre qu’elle passe. C’est un leurre; il faut agir, bouger et se mouvoir. Rester assis sur son derrière, pourrait causer des regrets, assez rapidement. Se mettre en danger pourrait même paraître exaltant à certaines natures qui n’ont pas froid aux yeux, et mener étonnamment, à d’heureux résultat. Certains pourraient miser le tout pour le tout, et remporter la mise; en obtenant ce qu’ils convoitaient. Si on ne va pas à la pêche, rien ne se produira tout seul. Qui ne risque rien n’a rien ne vaut pas pour tous, mais devrait quand même en inspirer plusieurs. La modération à bien meilleur goût dit-on, oui, mais il ne faut pas se leurrer et la confondre avec immobilisme. I l ne faut pas attendre que les choses viennent à nous, et cette Lune Noire est propice au mouvement; allons au-devant des choses pour les plus vifs et audacieux et, à tout le moins, faisons un pas hors de notre confort, pour les plus frileux.

Il ne faut pas trop s’accrocher aux hésitations, cette Lune Noire est une sirène trompeuse, qui vise à tester votre confiance en soi et en vos moyens. Malicieuse? Non. Vous n’aurez toujours que vous-mêmes à blâmer pour vos mauvais choix, ou pire, l’absence de choix et de mouvement. Elle ne fait que venir jeter le trouble, pour tester nos capacités de mouvement, et de discernement. Elle nous incite à bondir et se faire confiance, plutôt que de nous encourager à se laisser bercer yeux fermés au son de son chant envoûtant. Elle joue et teste nos hésitations, notre immobilité figé dans le confort. Elle endormira bien quelques-uns, mais heureux sont ceux qui bondiront et débuteront un voyage intérieur, professionnel ou au sens propre, sous son œil sage. Il ne faut pas avoir peur de plonger, de s’engager et d’oser.
Sous les troubles, les doutes et les hésitations qu’elle déclenche intérieurement, et qui peuvent nous conforter dans notre immobilité, se cache en fait, une Lune riche d’opportunités, de chance, d’abondance et de trésors cachés. C’est une lune très riche et fertile, dont il serait dommage de ne pas profiter.

C’est également une belle Lune pour dénouer des nœuds et démêler des fils; des affaires juridiques seront favorisées par un dénouement positif. C’est une Lune Noire parfaite pour un grand ménage karmique, et une purification de la maison. Faire un ménage pour non pas seulement pour purifier, mais surtout, pour installer un climat ou un terreau, pour implanter un équilibre. Sous ses dehors légèrement machiavélique, pour ceux et celles qui sauront voir plus loin, elle réserve des trésors de possibilités pour établir de nouvelles bases sur lesquelles continuer d’avancer. Il faut cependant être capable de se regarder en face, de bouger et de se rencontrer. Il ne faut pas passer tout droit ou à côté, et jouer à l’autruche. Ce serait dommage de passer à côté de si belles possibilités.

C’est une belle Lune pour restaurer ce qui doit l’être en soi, et avec les autres. Il ne faut pas demeurer les yeux fermés, sous peine de se morfondre et de voire accroître le taux de mélancolie et de négativisme. L’amertume peut effectivement être à la hausse pour les gens qui se ferment, et certains pourraient être particulièrement aigris durant son passage. C’est une belle Lune pour chercher et trouver l’équilibre ou, à tout le moins, les bases d’un nouvel équilibre.
Les soins apportés à la région des reins, du bas du dos et du bassin, sont à privilégiés durant cette Lune. N’hésitez donc pas à consulter votre Maître Reiki, votre massothérapeute ou votre réflexologue!

C’est une Lune noire très ‘’joueuse de tours’’ dont certains pourraient s’avérer moins plaisant, mais que nous serions les seuls à nous jouer. Elle nous apprend à nous écouter en dépit de nos doutes ou de toutes les influences extérieures. Une Lune pas simple, mais tellement enrichissante.
Bonne Lune Noire à toutes et à tous!

Herbes et encens : menthe, rose et oliban.
Pierres : citrine, améthyste et lapis-lazuli.
Bougies : bleu royal, violet et orangé.

Belle perle noire céleste,
Tu joue de tes sombres reflets,
Sous tes voiles noirs et ombrageux.
Tu te joues et ris, des ombres,

Dans mon âme, jetant le trouble,
Le doute et l’hésitation,
Dans mon être et ma conscience.
Tu sondes de manière souterraine,

Sous un faux visage mesquin,
Et je saurai entendre
Ton chant véritable,
Qui appelle le mouvement,

Et la recherche d’équilibre.
Le bonheur est caché,
Là où on ne l’attend pas,
Quelque part en soi,

Mais ce n’est pas en,
Demeurant assise et bras croisés,
Que je saurai trouver,
Tous les trésors cachés,

Que tu couves et que,
Tu as semés un peu partout.
Belle Lune Noire,
Je te remercie, de ta présence,

Aussi sage que troublante.
Puisses-tu faire plonger en eux,
Les enfants de la Terre, leur infusant le courage,
Et qu’ils y découvrent richesses et merveilles.

L’homme au fagot


Le malfaiteur est généralement condamné à porter sur le dos, l’objet de son délit, le plus souvent un fagot de bois qu’il est accusé d’avoir ramassé un dimanche, au mépris de la trève dominicale censée être consacrée au repos et à la prière. Ainsi, les mères basques racontent à leurs enfants qu’un homme s’était chargé un dimanche d’un fagot d’épines destiné à combler un trou dans la haie de son jardin. Dieu, surnommé Jainco, prit l’homme sur le fait et le punit en l’envoyant sur la Lune avec son fagot, après lui avoir dit : ‘’Puisque tu n’as pas obéi à ma loi, jusqu’à la fin du monde, tout les soirs tu éclaireras.’’

Un récit originaire du Bourbonnais présente comme protagonistes une femme ayant fait sa lessive le jour de Pâques et son voisin ayant bouché sa clôture avec des épines le jour de Noël. Pour ces deux manquements inqualifiables, ils furent condamnés à s’exiler, la femme dans la Lune et l’homme, dans le Soleil. Or, il faisait si froid dans la Lune et si chaud dans le Soleil, que l’homme et la femme demandèrent à Dieu de bien vouloir les autoriser à changer de place. «ce fut au tour de l’homme d’avoir trop froid et à la femme d’avoir trop chaud. Ils voulurent à nouveau changer de lieu, mais cette fois, Dieu ne le permit pas.

Dans certains cas, la faute invoquée pour punir le coupable, est un manquement aux règles élémentaires de la charité et de l’hospitalité. Ainsi, les paysans du Bocage vendéen disent que l’homme est condamné à porter éternellement son fagot dans le froid de la nuit pour avoir refusé d’accueillir Jésus dans son foyer. Dans d’autres, c’est pour avoir menti en invoquant la Lune que le voleur se trouve emporté dans les cieux. C’est alors la Lune elle-même qui se fait justice, sans passer par l’intermédiaire de Dieu.

La Lune; Mystères et Sortilèges,
Édouard Brasey,
Éditions du Chêne

lundi 27 septembre 2010

La Lune et les maladies mentales : quelle influence ?


L’éclipse du 11 août 1999 aura sans aucun doute suscité nombre de commentaires et analyses. En effet, la simultanéité entre cet événement et l’état de certaines personnes ayant des problèmes psychiatriques a permis à quelques-uns de voir dans le phénomène une hypothèse explicative, et à d’autres de trouver une démonstration « de plus » de l’influence de la lune.

Un exemple d’interprétation
C’est d’ailleurs à la suite de ce genre de réflexions qu’est née l’idée de cet article. Je travaillais en effet ce jour-là dans un foyer médicalisé accueillant des adultes psychotiques ou déficients. Le jour de l’éclipse, vers midi, soit une demi-heure après que l’éclipse eut atteint son point culminant (un peu plus de 80% dans ma région), deux résidents épileptiques ont eu une crise. Que chacun se soit trouvé dans un pavillon différent et que les deux événements se soient déroulés quasi-simultanément n’ont pas manqué de frapper les équipes éducatives présentes. Et il n’a pas fallu longtemps pour que certains attribuent à la Lune la responsabilité de ces crises. Cela nous renvoyait à l’Antiquité, période où « l’épilepsie était considérée comme influencée par la lune » (Guérin et al, 1995). Ce genre d’interprétation, sans être fréquent, n’est pas rare : en avril 1997, dans ce même établissement, une veilleuse de nuit me signalait que nous étions en période de Lune rousse [1], « et que les résidents sont plutôt énervés », tandis que la deuxième veilleuse de nuit, travaillant en roulement avec la première sur les mêmes pavillons, remarquant elle aussi cette période de Lune rousse, précisait « sur eux, ça agit bien, ils sont plus calmes en ce moment »…

Mais revenons à notre éclipse et aux crises d’épilepsie. Quelques éléments permettront de trouver une explication alternative à l’état des personnes. Par crainte que les résidents fixent le soleil en enlevant les lunettes de protection, chaque pavillon avait été fermé à clé, une sortie de quelques minutes étant prévue pour voir l’événement. Or, une des deux personnes ayant eu cette crise d’épilepsie était habituée à aller et venir tout au long de la journée dans les différents lieux du foyer. D’autres résidents sont décrits comme ayant été « mal » durant ces heures : deux résidentes, ne supportant pas la limitation de circulation, demandaient « à sortir ». D’autre part, les consignes de sécurité, ainsi que des mises en garde contre la dangerosité de l’événement, ont été répétées à de nombreuses reprises avant et pendant la sortie. Enfin, le directeur de la structure est passé à plusieurs reprises (au moins cinq) dans les pavillons au cours de la matinée pour rappeler les consignes de sécurité aux équipes et résidents, alors qu’en temps normal il passe plutôt une fois par semaine. Autant d’éléments anxiogènes tant pour les équipes que pour les résidents. Or, le stress et les chocs psychologiques peuvent jouer un rôle déclencheur des crises d’épilepsie. Les conditions favorisaient donc la possibilité d’apparition de telles crises.

Mais, au delà de quelques anecdotes, de nombreux travaux ont été menés depuis plus d’un demi-siècle, principalement aux Etats-Unis, qui permettent de connaître ce qui est démontré ou pas dans cette croyance en un pouvoir de la lune, laquelle ne date pas d’hier (c’est même une « vieille lune »). Voici un état des lieux à travers les principales études, dont les comptes-rendus ont été publiés dans des revues scientifiques.

Une idée bien implantée dans les esprits et « confirmée » par certains travaux.
Une enquête menée en 1987 aux USA montrait que 80% des infirmières et 64% des médecins des services d’urgences croyaient à cette influence de la Lune (Danzl, 1987). Mieux, en 1995, toujours aux USA, 81% des professionnels liés au secteur psychiatrique croyaient à ces effets, contre 43% de la population totale (Vance, 1995).
Le fait que les professionnels du secteur psychiatrique, avec le prestige qui entoure notamment les professions médicales (Lemel, 1991), soient très majoritairement convaincus de la réalité de cette influence est renforcé par deux autres éléments : l’expérience personnelle, qui sera abordée plus loin, et des travaux semblant confirmer le bien-fondé de cette croyance.

On peut trouver, principalement dans la presse grand public mais aussi dans la presse scientifique, des affirmations, articles ou exposés de travaux confirmant l’influence de la lune. Pourtant, les réplications ont montré qu’elles sont fortement biaisées, méthodologiquement ou statistiquement (pour les critiques, voir notamment Walters et al., 1975 ; Campbell & Beets, 1978 ; Rotton et al., 1983 ; Cyr & Kalpin, 1987). De plus, lorsque des études mettent en « évidence » des effets, ceux-ci contredisent souvent la croyance populaire : par exemple, une étude menée à l’hôpital de Columbia (USA) a « montré » que les admissions en psychiatrie étaient plus nombreuses les jours de nouvelle Lune (Climent & Plutchik, 1977). Passons donc aux études solides.
Des liens entre épilepsie et pleine Lune ?

Dans une étude menée il y a une vingtaine d’années (Fiezhugh et al. 1980), les auteurs n’ont pas pu mettre en évidence d’influence lunaire sur l’épilepsie. Par contre, M. Allouche (1991), lors d’une étude menée à l’hôpital Lariboisière en 1990, a montré une diminution significative du nombre d’admissions en urgence pour crises d’épilepsies en période de pleine Lune (p=0.035) [2]. Cependant, comme le signale Guérin (et al., 1995), seuls deux demi-cycles lunaires ayant été étudiés pour ce travail, ces résultats méritent confirmation. La relation entre phases de la Lune et épilepsie n’est donc pas démontrée.

Les consultations pour dépression ou anxiété augmentent-elles en période de pleine lune ?
En 1997, une équipe du Département de Psychiatrie de l’Université Royale de Liverpool (Royaume-Uni) publie une étude portant sur le cycle lunaire et les consultations pour anxiété et dépression en médecine générale (Wilkinson, 1997). L’évaluation s’est faite à travers une étude rétrospective portant sur 782 patients suivis par un service médical entre 1971 et 1988. Résultat : aucun lien statistiquement significatif entre phases de pleine Lune et consultations. Pourtant, la période considérée comme correspondant à « pleine lune » avait été élargie à 3 jours avant et trois jours après celle-ci, afin de mieux détecter une possible corrélation. Résultat négatif donc.
La Lune influe-t-elle sur les admissions en psychiatrie ?
En 1978, reprenant les études allant dans le sens d’une relation entre phases de la Lune et comportement humain, Campbell et Beets (Campbell & Beets, 1978) concluent à des erreurs méthodologiques et montrent que cette relation n’est pas confirmée par ces travaux.

Publiée en 1994, l’étude menée au South More Mental Health Center, Quincy, Massachussets (USA) montre que des facteurs environnementaux et des motifs de stress sont plus plausibles pour expliquer l’admission en hôpital psychiatrique (Gorvin & Roberts, 1994).
Une étude effectuée par le Servizio di Psicologica Medica, de l’Université de Vérone (Italie) et portant sur les données du service psychiatrique de la ville sur 10 années (Janvier 1982-Décembre 1991), conclut à l’absence de relation Lune/comportement. Dans ce cas, les auteurs examinent les résultats en prenant d’abord comme période de pleine Lune de 1 jour avant à 1 jour après, mais ensuite de 2 et 3 jours avant et après la pleine lune. Dans tous les cas, les résultats sont : pas de différence significative pour ces périodes par rapport au reste du mois (Amaddeo et al., 1997).

En France, un travail mené à Toulouse va dans le même sens. Il est extrêmement intéressant par la diversité des traits étudiés. 2478 entrées dans les service d’urgences psychiatriques toulousain, réparties sur les 366 jours de l’année 1992 (année bi-sextile) ont été retenues. Les résultats sont : « pas de variation significative du nombre d’entrées selon le jour du cycle lunaire », « pas de variation significative selon le jour du cycle, de l’âge moyen des patients. Il n’y a pas non plus de différence concernant le sexe des patients et le mode d’arrivée. Concernant l’heure moyenne d’arrivée, […] pas de différence significative. […] pas d’influence significative du cycle lunaire sur les états d’agitation et les conduites d’alcoolisation ». L’étude ne met pas en évidence de « variation significative, au cours du cycle lunaire, du pourcentage de patients présentant une tendance toxicophile, un état psychotique, un état anxio-dépressif, manifestant une demande psychosociale ou relevant d’une hospitalisation d’office ».

Par contre, « […] il existe une différence significative concernant le pourcentage […] d’hospitalisations sur demande d’un tiers », (P=0,036). L’Hospitalisation sur Demande d’un Tiers (HDT) nécessite l’intervention de l’entourage et d’un médecin qui rédige un certificat médical (un deuxième certificat étant rédigé par un second médecin qui peut être le psychiatre hospitalier recevant le patient). Paradoxalement, les Hospitalisation d’Office (par les autorités administratives) ne sont pas plus nombreuses. Il n’est pas absurde de penser que les craintes des familles et proches, souvent à l’origine de la procédure de HDT, voire leurs croyances à un Effet pleine Lune, soient à l’origine de ce fait. Nous revoilà avec la question du regard des autres sur les personnes souffrant de maladie mentale.

Bilan de ces études négatif quant à une relation Lune/état-des-patients. Reste la question de l’entourage à élucider.
La Lune provoque-t-elle l’agitation et les comportements « anormaux » au sens large des personnes hospitalisées ?

Une étude menée à la fin des années 70 auprès de 50 hospitalisés chroniques, et sur une durée de 5 années, ne montre aucun lien entre phases d’agitation et phases de la lune (Fitzhugh et al., 1980).

L’étude des enregistrements du suivi des patients d’un hôpital psychiatrique entre 1982 et 1984 n’a montré aucun lien significatif entre passages à l’acte et pleine Lune (Durm et al., 1986).

Une enquête sur la relation entre phase de la Lune et 364 comportements perturbés et violents due à des problèmes psychiatriques ne montre aucune relation Lune/passage à l’acte (Little et al., 1987).

Même type d’étude sur une population âgée (62 à 93 ans). Même résultat négatif quant au lien entre phases d’agitation et phases de la Lune (Cohen-Mansfield et al., 1989). Enfin, sur une population de personnes présentant un retard mental (« mentally retarded ») en institution, pas de lien non plus selon une étude récente (Vance, 1996).
La Lune augmente-t-elle les mises en isolement des malades internés en psychiatrie ?
Suite logique de ce que nous venons de voir, le travail de Mason (Mason, 1997), du Research Department, Ashworth Hospital, Maghuli, Merseyside (Royaume-Uni). Il est ainsi résumé :

1) L’influence cyclique de la Lune sur les troubles psychologiques des êtres humains est connu sous le nom d’effet transylvanien (« transylvanian effect »).
2) L’isolement est utilisé fréquemment pour contrôler et gérer les violences et agressions des patients.
3) Si l’effet transylvanien est avéré, une relation entre cycle de la Lune et utilisation de la mise en isolement devrait exister.
Au terme de son étude, il ne trouve pas une telle corrélation.
Le témoignage est sincère… mais est-il fiable ?

Il existe nombre de témoignages de professionnels allant dans le sens d’un effet Lune. Mais quelle évaluation peut-on en faire ? Revenons aux sondages cités plus haut. Si des professionnels du secteur psychiatrique affirment avoir constaté une liaison entre Lune et comportement, c’est sur la base d’observations anecdotiques, souvent sur une longue période. Le témoignage est sincère, mais est-il fiable ? L’étude de Wilson & Tobacyk (1990) amène un élément de réponse.

Dans un premier temps, les données d’un centre téléphonique d’appel d’urgence sur 6 mois (4675 appels) sont recueillies. Comparaison avec le cycle lunaire. Résultat : rien de significatif.

Dans un deuxième temps, un sondage auprès du personnel du centre d’appel est réalisé, ainsi qu’auprès d’un groupe témoin d’étudiants (groupe de comparaison). Et là, il apparaît que les personnes travaillant au centre d’appel croient significativement plus en un effet de la Lune que les étudiants. Or, nous l’avons vu, cet effet n’existe pas lorsque l’on reprend les données reçues par ce même personnel.

Comment expliquer cet écart entre ce qui est rapporté par un grande majorité des personnels, et les résultats des études ? Plusieurs pistes permettent là aussi de mieux saisir cette situation.

Les travaux en psychologie sociale, et plus particulièrement sur les représentations sociales, ont permis de dégager le concept de « théories implicites de personnalité » qui peut s’avérer intéressant pour comprendre les réactions des professionnels en contact avec les patients (voir encadré ci-contre). Ainsi, notre perception est un filtre, sélectionnant les informations (Lecomte, 1995), notamment la perception d’autrui (Schadron, 1997). En fait, nous construisons la réalité (Lecomte, 1997). La mémoire est elle aussi sélective, restituant certaines informations, et en éliminant d’autres. Elle est aussi inventive, puisque des éléments ne figurant pas dans les informations recueillies apparaissent parfois dans la restitution (Dortier, 1998). A ce propos, les travaux d’Elizabeth Loftus (1997) ont montré comment la suggestion et l’imagination créent des souvenirs d’événements qui ne se sont jamais produits.

Les prophéties auto-réalisatrices
Toujours dans la catégorie des phénomènes pouvant être explicatifs, le concept de prophétie auto-réalisatrice. Jean-François Staszak (1999) en propose la définition suivante : « Une prophétie auto-réalisatrice est une assertion qui induit des comportements de nature à la valider ». La prophétie porte en elle-même les moyens de sa confirmation. Les biais perceptifs pouvant alors aider à voir les signes de sa réalisation.

Ce concept nous amène à décrire les effets indirects de la pleine lune. Car, travaillant sur les prophéties auto-réalisatrices, Paul Watzlawick (1988) montre qu’elles peuvent aussi forger la réalité. Ainsi, une équipe de professionnels du secteur psychiatrique qui croirait à l’effet Lune aurait, de façon non-consciente, la capacité d’influer sur l’état des patients… L’exemple cité en introduction montre assez clairement comment des actes « anodins » peuvent générer du stress.

Enfin, il existe des pathologies psychiatriques graves liées à la lune, sans qu’il y ait influence de cette dernière. Par exemple, la lycanthropie (maladie durant laquelle le sujet pense être loup, se voit tel et agit en conséquence, Dictionnaire de psychiatrie, Ed Larousse, 1995). C’est le fameux Loup-Garou. (voir à ce sujet Messadié 1993). On peut voir dans la croyance en l’effet Lune une survivance de ce mythe. D’ailleurs, une interprétation d’autres effets supposés de la pleine Lune (mais non démontrés) pourrait renforcer cette idée : pousse accélérée des cheveux (poils ?) et ongles (griffes ?), augmentation des actes de délinquance et meurtres (retour à l’état d’animal, transgressant règles sociales et interdits). Denise Jodelet (1989), étudiant les représentations sociales autour de la folie, note que, pour les personnes interrogées, dans les cas les plus graves, « le malade est plus proche de l’animal que de l’homme »..

Conclusion provisoire
Résumons. L’existence d’un effet Lune est soutenue par des études biaisées et des témoignages nombreux, mais qui, par définition, sont fragiles. De plus, de nombreuses études non-critiquées ne trouvent aucun effet Lune sur l’apparition des crises d’épilepsie, l’angoisse et les dépressions, les admissions en service psychiatrique, la mise en isolement en service psychiatrique, le comportement et les passages à l’acte des patients. En l’absence de travaux probants, l’existence d’une influence spécifique de la Lune sur les personnes souffrant de pathologies psychiatriques reste affaire de croyance. Et au vu du nombre de travaux réalisés, cette situation semble devoir durer encore un moment.

[1] La Lune correspond à la « lunaison qui débute après Paques entre le 5 avril et le 6 mai. Nom donné en raison de la couleur de la lune à cette époque. Les positions relatives Soleil-Terre-Lune font que les rayons lumineux sont déviés par l’atmosphère terrestre et rayonnent dans les longueurs d’onde de la couleur rouge ». Lexique des termes d’astronomie, Éd. Fabbri, 1994

[2] p=0.035 signifie que les probabilités pour que les résultats trouvés correspondent à ceux que fourniraient un résultat conforme au hasard sont de 35 pour 1000, soit 3,5 % (ou encore 1 chance sur 29). Plus p est petit, plus le résultat est éloigné de ce que donnerait un résutat « normal ». On considère généralement que pour qu’un résultat soit significatif, il faut que p<0,05 (soit 1 chance sur 20). Voir Le verdict d’un expert, par le professeur Daniel Schwartz, Sciences et Avenir, mai 1995

Source :
Pseudo-sciences.org
Par Laurent Puech - SPS n° 246, avril 2001
Laurent Puech est président du Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

L'illusion de la Lune géante de Solstice


Ce soir mercredi 18 juin 2008, mettez le nez dehors au coucher du Soleil et regardez vers l’est. Vous allez voir une gigantesque forme s’extraire de l’horizon. Elle ressemble bien à notre bonne vieille Lune, avec sa bouille ronde, ses cratères et ses mers, mais quelque chose ne va pas : elle semble avoir étrangement enflé. En fait, elle est énorme !

Et bien non. Vous venez juste d’être victime de l’illusion de la Lune géante.
Il n’y a pas de meilleure période de l’année pour en faire l’expérience. La pleine Lune du 18 juin est une « lune de Solstice », se produisant deux jours seulement avant le début de l’été dans l’hémisphère nord. C’est important dans le cas qui nous préoccupe car le Soleil et la pleine Lune sont comme deux enfants assis chacun à une extrémité d’une balançoire : lorsque l’un est au plus haut, l’autre est au ras du sol. Le Soleil étant au plus haut dans le ciel lors du solstice, la pleine Lune au contraire ne s’élève guère au-dessus de l’horizon, ce qui rend l’illusion lunaire particulièrement forte.
C’est un fait noté par nos ancêtres depuis des milliers d’années : quand elle est basse sur l’horizon, la Lune paraît beaucoup plus grande que lorsqu’elle est en plein ciel. Avant l’invention de la photographie, les astronomes pensaient que l’atmosphère pouvait provoquer une sorte d’effet de loupe lorsque la Lune était à l’horizon. Mais les appareils photos ont depuis révélé qu’il n’en était rien : la Lune a toujours la même taille sur les images des appareils photo. C’est donc bel et bien une illusion.
Avons nous perdu la boule ? Peut-être bien…

Quand vous observez la Lune, les rayons lumineux qu’elle renvoie vers votre œil convergent sur votre rétine pour former une image de 0,15mm de diamètre. Et cela que la Lune soit haute ou basse. Alors comment se fait-il que votre cerveau pense que l’une est plus grande que l’autre ? En dépit de nombreuses années d’étude du phénomène, les scientifiques ne sont pas encore sûrs de savoir pourquoi.
Une illusion similaire fut mise en évidence en 1913 par Mario Ponzo, qui dessina deux barres horizontales identiques au dessus d’une paire de lignes convergentes, comme deux traverses de chemin de fer. La barre jaune du dessus semble plus grande que celle d’en dessous car elle couvre une plus grande distance apparente entre les rails. C’est ce que l’on appelle depuis " l’illusion de Ponzo ". Certains chercheurs pensent que nous sommes victimes d’une illusion du même type avec la Lune, les arbres et les immeubles de premier plan jouant le rôle des lignes convergentes de l’illusion de Ponzo : les objets situés au premier plan vous induiraient en erreur en vous faisant croire que la Lune est plus grande qu’elle ne l’est en réalité.

Mais il y a un problème. Les pilotes d’avions volant à haute altitude sont eux aussi victimes de l’illusion lunaire. Or on trouve très peu d’immeubles ou d’arbres dans son champ de vision quand on est à 8 000 mètres d’altitude… Qu’est-ce qui les induit en erreur eux aussi ?

C’est peut être la forme du ciel alors. Il se trouve que les êtres humains perçoivent le ciel comme un dôme aplati dont le sommet serait plus proche de nous que la ligne d’horizon. Ça n’est pas idiot d’ailleurs. Quand un oiseau nous passe au-dessus de la tête, il est de fait plus près de nous que quand il est visible à l’horizon. Ainsi, quand la Lune se trouve à l’horizon, notre cerveau lui appliquerait-il inconsciemment la même règle qu’aux oiseaux, aux nuages ou aux avions : si cette Lune est encore si grosse alors qu’elle est si loin, c’est qu’elle doit être vraiment énorme…
Il se trouve qu’il y a encore d’autres tentatives d’explication. A vrai dire, quelle que soit la bonne, l’essentiel est que vous n’oubliez pas de vous régaler du spectacle de cette lune géante ce soir. Le meilleur moment pour l’observer, c’est naturellement au moment de son lever, quand elle émerge des arbres ou des collines, voire des maisons, faisant de son mieux pour vous tromper. Lorsque vous verrez clairement la Lune se détacher au-dessus de l’horizon, tendez votre bras dans sa direction et essayez de la " pincer " entre le pouce et l’index. Ou bien observez-là au travers d’un rouleau de carton afin de masquer l’environnement. Etes-vous toujours victime de l’illusion lunaire ?…

Source :
Nasa-Science
Traduction de Didier Jamet

Comment s'est formée la lune? La science répond.


Des astronomes japonais ont découvert des traces d'un minéral lunaire qui résoudrait une partie de l'énigme de l'histoire géologique de la Lune. C'est ce qu'indique une étude publiée lundi dans la revue scientifique Nature Geoscience.
Grâce à la sonde Kaguya, mise en orbite autour de la Lune en 2007, l'équipe a trouvé de nombreuses signatures de ce minéral, l'olivine, dans des anneaux concentriques situés dans trois grandes régions de cratères.

L'olivine serait un témoin de l'existence du «manteau lunaire», une couche profonde de roches riches en fer et en magnésium située sous la croûte de la Lune.

La structure et l'origine de la Lune sont des sujets de débats acharnés pour les astro-géologues. L'une des théories principales affirme que la Lune a été créée il y a 4,5 milliards d'années en étant arrachée à la Terre dans une forte collision avec un objet spatial.

Pendant que la matière en fusion formait une boule, sa surface s'est progressivement refroidie en formant une croûte d'un minéral blanchâtre, le feldspar, qui flottait alors sur un liquide en fusion plus dense.

«Océan de magma lunaire»

Les données rapportées par la sonde Kaguya ajoutent un nouveau chapitre à cette hypothèse dite de «l'océan de magma lunaire».
Cela suggère qu'après la formation de la croûte, des bouleversements ont continué à se produire en profondeur: le manteau riche en olivine serait alors remonté depuis les entrailles de la Lune, se plaçant juste sous la surface.

La croûte étant très fine dans les cratères étudiés par la sonde - bassins d'impact d'Aitken, Moscoviense et Imbrium -, l'article suggère que le manteau aurait pu être révélé par des impacts de météorites. Ailleurs, la croûte de la Lune ferait en moyenne 70kilomètres de profondeur, bien plus épaisse que celle de la Terre, mais cette épaisseur varie fortement.

Les traces de l'existence du manteau lunaire étaient très sommaires ou indirectes depuis des décennies, et les fameuses roches lunaires rapportées par les missions Apollo n'avaient pas éclairé la question, car elles provenaient toutes de la croûte lunaire.
Cette étude a été publiée en ligne dans la revue Nature Geoscience par l'équipe de Satoru Yamamoto, de l'Institut national d'études environnementales à Tsukuba (Japon).

Source:
Planete-Astronomie.com