mercredi 14 juillet 2010

Lune de mer; guide et chronomètre

‘’La Lune est une femme, donc elle ment. Lorsqu'elle forme un "D", elle croît. Lorsqu'elle forme un "C", elle décroît.’’
-Vieux proverbe de marin breton

Les guides
C’est une évidence bien sûr, que la lune, les étoiles, le soleil et les planètes furent des guides; aussi bien sur terre que sur mer. Ce qui se lit dans le ciel à eu et aura toujours tant d’influence. L’immensité du ciel, sans cesse exploré par les hommes, ne livrera jamais tous ses secrets. Les navigateurs développèrent leurs repères à partir du ciel et de la terre, parfois. Quitter la terre, vers le large, signifiait qu’il n’y aurait plus, ni phares, ni lisière ou bande de terre côtière, ni de clochers d’église, pour servir de repères et de signalisation. Alors, voguant vers l’immensité de l’eau, où elle s’imposerait à perte de vue, comment se repérer, sans les points de repères terrestres? En levant les yeux au ciel et en écoutant le vent. Les navigateurs de ces temps, levaient nez en l’air et yeux bien hauts. Et dans le ciel, ils trouvèrent de nouveaux guides célestes : lune, soleil, étoiles et planètes. Autour d’eux et de leur observation. Furent inventés et patentés, des outils pour navigateurs et marins; des quadrants, des astrolabes et des sextants, pour trouver la position de ces objets planétaires.


Pas étonnants que ces corps célestes soient devenus aussi importants aux enfants de la terre, qui en le contemplant, apprenait beaucoup de choses, interprétait beaucoup de choses. Guides marins, savoir scientifique, apanage vaste d’astronomie, d’astrologie et visages du divin, ou rivages célestes ou s’établissaient les grandes lignes de la mythologie. Le ciel servait à lire aux scientifiques, grands-penseurs, prêtres et prêtresse, paysans et sorcières aux herbes et, aux marins.

Dans ces temps où la Lune servait elle aussi de repère, il y avait par exemple, pour résoudre le problème des longitudes, l’utilisation de l’éclairement et l’obscurcissement des taches de la Lune durant les progrès de la lunaison.

La Lune se déplace relativement vite dans le champ des étoiles. Puisqu'elle fait un tour sidéral en 27 jours moyens 1/3 environ, son déplacement en un jour est en moyenne de 13°,2. Sa distance angulaire aux autres astres varie donc constamment. La variation horaire de cette distance est maximum pour les astres qui sont placés sur la trajectoire du centre de la Lune ou pratiquement à proximité tant que la distance reste assez grande, c'est-à-dire pour le Soleil, les étoiles zodiacales et les planètes.


Supposons que, pour un lieu donné, Greenwich par exemple, on ait calculé des tables donnant de 3h en 3h de temps moyen, la distance de la Lune aux astres précités, convenablement choisis, pour un certain nombre d'années à venir. Comme la Lune est relativement proche de la Terre, elle ne se projette pas au même endroit du ciel suivant le point de la Terre d'où on l'observe. Les distances lunaires sont donc calculées pour l'observateur situé au centre de la Terre.
Dans le lieu dont on veut déterminer la longitude, on observera au sextant la distance angulaire entre la Lune et le Soleil ou un astre figurant dans les tables de la Lune. On en déduira la distance angulaire vraie au même instant pour un observateur situé au centre de la Terre. Les tables de la Lune nous permettront alors de déterminer par interpolation pour quelle heure temps moyen de Greenwich AHmp a lieu la distance angulaire vraie que nous venons de calculer. Ayant fait un calcul d'heure du lieu AHmg au moment de l'observation de la distance, la comparaison de cette heure et de l'heure simultanée de Greenwich AHmp donnera la longitude du lieu par rapport à Greenwich, G = AHmp - AHmg. On remarquera que cette méthode ne suppose pas un garde-temps, conservant l'heure du méridien origine. Il semble que la méthode des distances lunaires fut utilisée pour la première fois en 1749 par un navigateur français : d'Après de Mannevilette. Est-elle précise ? Toute erreur sur la distance observée produit une erreur trente fois plus forte sur la détermination de la longitude. La méthode des distances lunaires ne permit pas de gagner le prix offert en 1714. La solution n'était pas là; elle devait se trouver dans un procédé permettant d'emporter à bord et de conserver avec précision l'heure du 1er méridien.


Distances lunaires et chronomètres
Jusque vers la fin du premier tiers du XIXe siècle, la méthode des distances lunaires l'a emporté sur la méthode chronométrique car les montres imparfaites demandaient un contrôle permanent par les observations astronomiques. Les chronomètres devenant de plus en plus sûrs, les méthodes lunaires devaient être de moins en moins employées, pour être complètement délaissées avant la fin du siècle. Le degré de perfection atteint par les chronomètres ne permettait plus de considérer comme moyen de contrôle efficace une méthode astronomique dont les résultats étaient moins précis que ceux qu'il s'agissait de vérifier. Car l'observation et le calcul d'une distance lunaire sont des opérations longues et délicates, et la confiance que l'on peut accorder à des résultats obtenus avec des observations médiocres ne peut pas être très grande.
La méthode n'était pas à n'importe quel moment utilisable par le navigateur à la recherche d'un point, puisqu'il était nécessaire que la Lune soit levée et à plus de deux ou trois jours de la nouvelle lune. Dans ces conditions, sur des navires à grande vitesse, la méthode aurait été déficiente. Dans la méthode chronométrique qui utilise la mesure de la hauteur d'un astre, tous les astres sont en principe équivalents dès l'instant que l'observateur possède leurs éphémérides. Pour observer, il suffit que le ciel et l'horizon soient découverts. Les observations sont simples, les calculs courts, le résultat relativement précis si le chronomètre est bien réglé. On comprend dès lors la recherche constante du perfectionnement des chronomètres et, ceux-ci ayant atteint d'excellentes qualités de justesse et de précision, l'emploi final exclusif des méthodes chronométriques.


Sources:

The secret language of the stars and planets
Geoffrey Cornelius et Paul Devereux, Éditions Duncan Baird Publishers

Wikipedia

Passion mer, passion lune


Dans la famille de mon mari, un curieux lien (ou bien est-ce un gène?) relient les hommes de cette famille de père en fils. Le goût de l'eau dotée d'une robe de liberté sous les traits d'une belle embarcation ornée de voiles. La mer, les fleuves, les rivières, les bateaux et les voiliers en particulier. Tout cela à la cote dans la famille de mon mari, du côté de la gente masculine. Cela remonterait à très loin, dans leur touffues branches d'arbre généalogique. Le plus ''proche'' et concret, pour nous, est l'arrière-grand-père de mes propres fils. Qui fut un véritable marin, un vrai Capitaine. Mort avant la naissance de son fils, il lui a quand même légué un amour et une fascination pour les bateaux et la mer. Le fils n'est autre que le père de mon mari, grand-père de mes fils. Mon mari et son frère d'ailleurs, sont tout les deux épris eux aussi de l'eau et des navires. Mon homme caresse le projet de voilier, et en attendant, avec notre plus grand, ils aident la paternel de mon mari à prendre soin de son voilier, et en échange font quelques balades, repas et dodos sur l'eau. Mon fils aîné, qui d'ailleurs, très très tôt, s'est intéressé à la piraterie. D'une manière complètement fascinée! S'y mêlait son côté différent un brin rebelle, et surtout son amour des navires et de l'eau... j'ai rapidement su voir dans ceci, la transmission du ''gène de l'eau'' qui court parmi la lignée mâle de la famille de mon cher époux...

Tout ce partage filial afin de déboucher sur des merveilles lunaires trouvées, au travers des chants marins, des savoirs de navigateurs. C'est que la Lune, pour les amants et époux de la mer, est souvent la maîtresse! La Lune et sa nombreuse cour d'étoiles, revêtent une importance depuis les premiers voyagent sur l'eau.

Au fil des découvertes reliées à la nouvelle passion filiale devenue familiale ( en effet notre clan dresse un projet de voilier... à suivre...) je compte bien compiler ici, les infos glanées sur la lune. J'en ai déjà quelques-unes auxquelles donner une forme avant de les inclure ici, mais qui sont riches et promettent un autre regard sur la Lune.

Enfin! Comme quoi la Lune se retrouve partout! En tout cas, partout sur ma route et dans ma vie. Normal cependant; soir après soir, elle trône dans nos cieux nocturnes. :)

mardi 13 juillet 2010

L'Antiquité grecque et romaine

La mythologie grecque classique porte la trace de cette opposition du principe entre une conception matriarcale et lunaire du monde, incarnée par la dyade mère-fils, une conception patriarcale et solaire, marquée par une trinité mâle. Ainsi, les disputes incessantes entre Zeus et son épouse Héra ne sont qu'une illustration de cet antagonisme de fond: Zeus cherche à imposer son pouvoir suprême sur l'emsemble des dieux : avec l'accord de ses frères Poséidon et Hadès, mais ses actions sont sans cesse contrecarrées par la déesse lunaire Héra, qui représente ici l'une des figure de la Grande Déesse. Cette déesse suscitera plus tard un héros mythique , Héraclès (dont le nom signifie Gloire d'Héra) qui, lors de ses douze travaux, aura la vocation de purifier le monde et de restaurer l'antique pouvoir vriginal de la Grande Déesse lunaire.

En réalité, la civilisation grecque et la si riche mythologie sur laquelle elle s'appuie, ont cherché à concilier plutôt qu'à opposer les visions matriarcale et patriarcale du monde, religion de la Lune et religion du Soleil. Toutes les préirpéties, les aventures, et les exploits vécus par les dieux grecs et leurs héros se résument peut-être à ceci: qui du Soleil ou de la Lune doit avoir la suprématie? En apparence, l'Antiquité gréco-romaine a choisi le règne solaire; la gloire et les honneurs vont tout naturellement à Zeus, Poséidon, Hadès et Appollon. Mais à y regarder de plus près, le pouvoir véritable demeure auprès des déesses qui, avec discrétion, vivent dans l'ombre des dieux pour mieux les manipuler.

Ces divinités cousines, tantôt bienveillantes, tantôt angoissantes, apparaissaient au fil des phases de la Lune. Du premier croissant de Lune à la Lune Noire, en passant pas la pleine Lune, tout un panthéon de déesses lunaires défilaient ainsi, chaque nuit, dans le ciel grec. Autant de visages différents, appartenant à la même entité: la Grande Déesse lunaire qui, depuis l'origine des temps, veille sur sa Création.


Artémis et Diane

Artémis, fille de Zeus et de Léto, descend directement de la Titanide Phoebé. Déesse de la Lune nouvelle et croissante, elle apparaît comme une vierge belle et chaste, montée sur un char traîné par deux taureaux, portant un flambeau à la main et un croissant de lune sur le front. Elle est naturellement la protectrice des jeunes filles ainsi que des animaux et de la nature, c'est pourquoi les Grecs voyaient en elle la déesse des Bois et de la Chasse. Dans la mythologie romaine, elle avait pour nom Diane et veillait sur la chasteté et les naissances.

Artémis était la soeur jumelle d'Apollon, dieu de la Lumière et du Soleil, et se plaçait sur un plan d'égalité avec lui. Cette déesse de la Lune naissante avait pour mission d'apporter la lumière dans la nuit accompagnée de ses nombreuses nymphes, desquelles elle exigeait une chasteté parfaite. Pourtant, elle était souvent invoquée par les femmes en travail, car sa mère Léto, l'avait conçue sans douleur. Pour cette raison, les Parques lui demandaient d'être la protectrice des naissances. À côté de Diane, les Romains adoraient unedivinité secondaire, Lucine, représentée avec un croissant de Lune dans les cheveux, que l'on invoquait au moment des accouchement.


La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

Le peuple de la Mer

La mer Égée, autour de laquelle s'est développée la brillante civilisation hellénique, marquée par le règne apollinien de la maison solaire, méfiant à l'égard des rites lunaires venus de Mésopotamie, avait pourtant connu 4000 ou 5000 ans auparavant la domination d'un civilisation matriarcale de l'âge du bonze incarnée pa rle peuple des Pélasges, que les Égyptiens surnommèrent ''Le Peuple de la Mer''.

On sait peu de chose de ce peuple aujourd'hui, de ce peuple aujourd'hui disparu, mais on connaît son mythe de la Création, l'un des plus archaïques qui soient. Dans ce système cosmogonique fortement teinté de matriarcat, la Création est due non à un dieu mâle, mais à une déesse, Eurynomé, qui émergea nue du Chaos primordial, sépara la mer et le ciel et se mit à danser, solitaire, sur les vagues. Fécondée par Borée, le vent du Nord, qui avait pris la forme du serpent Ophion, la déesse pondit l'Oeuf universel d'où sortit toute la Création: le Soleil, la Lune, les planètes, les étoiles et enfin, la Terre avec ses montagnes, ses rivières, ses arbres, ses plantes ainsi que toutes les créatures vivantes. Le premier homme Pélasgos, ''l'Ancien né de la Terre'', vit le jour en même temps que le Soleil, la Terre et les étoiles sur le sol d'Arcadie. Les Pélasges se considéraient ainsi comme le peuple le plus ancien de l'Antiquité. Ils prétendaient même être apparus sur la Terre à une époque où la Lune n'existait pas encore! C'est pourquoi ils se donnaient entre eux, le nom de Prosélène, c'est à dire ''antérieurs à la Lune''.


Le rhéteur Ménandre, se moquait de la prétention des Grecs à se croire aussi vieux que le monde, écrivait au IIème siècle : ''Les Athéniens prétendent être nés en même temps que le Soleil, comme les Arcadiens croient remonter au-delà de la Lune, comme les habitants de Delphes croient qu'ils sont venus au monde immédiatement après le Déluge.''


Les Pélasges devaient être des êtres gigantesques et momnstrueux si l'on en croit la description qu'en font les récits hellénistiques ultérieurs. Parmi eux se trouvaient les belliqueux Centaures de Magnésie, qui honoraient une déesse-mère lunaire qu'ils appellaient Ino ou Plastène, et que les Grecs ont rebaptisée Leucothée, la ''Déesse Blanche''. C'est sans doute 1900 ans avant J.-C. que les Pélasges furent évincés par le peuple des Achéens. Ces derniers adoraient une trinité de dieux mâles d'origine indo-européenne, Mithra, Varuna et Indra, que les Grecs transformèrent en Zeus, Poséidon et Hadès : le dieu du Ciel, le dieu de la Mer et le dieu des Enfers souterrains. Ces croyances patriarcales cherchaient à s'opposer aux principes fondateurs de la civilisation égéenne des Pélasges, pour laquelle al Création était dominée par une Grande Déesse mère des dieux mâles. Mais comme nous allons le voir, la déesse Lune n'avait pas dit son dernier mot...


La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

lundi 12 juillet 2010

Lune noire du dimanche 11 juillet 2010.

Cette Lune Noire touchera particulièrement les Cancer et les Capricorne (tout particulièrement ceux du second décan, concernant ce signe). Ces deux signes seront les plus sensibles aux énergies de cette lune noire. Une lune parfaite pour honorer les déités dites ‘’noires’’ : dames noires, déesses fortes et sombres initiatrices. C’est le plus beau et le meilleur moment pour leur témoigner notre gratitude pour ce qu’elles nous ont aidé à changer, surmonter ou combattre. Pour souligner leur apport positif dans nos vies. Dévotions, prières, chants et offrandes; c’est la parfaite lunes pour les célébrer et leur rendre gloire. C’est également une lune idéale pour demander à de telles déités, de protéger les familles et foyers. Sous son œil sombre, c’est un bon moment pour purifier la maison des énergies négatives qui peuvent y stagner! Cette lune noire décuplera les effets d’une telle démarche!

C’est aussi le bon moment pour fabriquer des onguents, des sirops et des teintures, ou pour pratiquer un reiki, visant à soigner ou soulager les douleurs à la poitrine, au thorax et à l’estomac.

C’est une lune noire rassembleuse et très forte dans tout ce qui touche aux arts de la guérison, à la volonté de guérir et de chasser poisons et vieilles blessures; qu’elles soient physique ou qu’elles résultent de querelles passées. C’est le temps de passer l’éponge, d’oublier ou de pardonner. Bref, de passer à autre chose et de cultiver ou à tout le moins, de chercher, la paix.

De plus, cette lune noire pourrait jouer pour plusieurs, le rôle d’une bonne étoile et apporter et accorder son lot de chance à plusieurs d’entre nous. Pour ceux qui se sentent malchanceux et qui marchent malgré tout sur des œufs en ce moment, pour attirer la chance en concordance avec cette perle noire du mois de juillet, une petite recette simple. Mettre dans une pochette noire, un peu de poivre, de rose, d’anis étoilé et de bruyère, en faisant une prière de votre cru à la dame lune sombre au-dessus de votre tête. Porter cette pochette durant sept jours au terme desquels vous viderez le contenu au pied d’un arbre.

On peut se sentir un peu nostalgique, et ressentir le besoin de se retrouver dans un cocon; chez soi ou entourer de gens avec lesquels ont se sent bien; acceptés tels que nous sommes et accueillis tels que nous sommes. L’imagination et les sens s’emballent aussi; certains pourraient faire des rêves très habités! D’autres pourraient ressentir un étrange goût pour le passé; faites l’effort de regarder devant! Ne vous laissez pas tirer par derrière; cette lune peut apporter son lot de nostalgie, mais appréciez aussi toute sa chaleur au présent! Oui, car le soleil dans sa trajectoire astrologique, réchauffe cette lune noire particulièrement chaleureuse et affectueuse.

Elle peut soulever des relents du passer, rendre nostalgique, voire mélancolique; mais elle a surtout le pouvoir de rallier et rassembler. Et c’est de cet aspect qu’il faut savoir tirer parti! Elle gouverne aux rencontres, aux réunions et aux rassemblements. Ne restez pas seul dans votre coin en cette belle lune noire; allez vers les autres! Une telle sociabilité est rare en lune noire, profitons-en et remercions-la.

Bonne et belle lune noire à tous et toutes!

Bougies : jaune, noir, argent.

Pierres : citrine, obsidienne et nacre.

Herbes et encens : bruyère, muscade et rose.

Cercle sombre
Du ciel étoilé,
Tu rassembles
Entre tes bras,

Les enfants de la terre
Frères et sœurs.
Les souvenirs affluents,
Beaux et moins aimables.

J’accueille ce qui a été,
Sans tomber dans le piège,
De la contemplation du passé,
Qui pourrait me capturer,

Et m’entraver, alors,
Que passe chance
Et bonheur,
Sous mon nez.

Sous ton regard,
J’ouvre les bras
Et le cœur,
Aux autres,

Aux opportunités
De se rassembler,
De se réunir.
Sois remerciée

Belle et Haute Dame Noire,
Pour ta présence rassembleuse.
Puisses-tu unir beaucoup
De solitudes, lors de ton passage.

lundi 5 juillet 2010

L’œil d’Horus

Les Égyptiens vénéraient avant tout le Soleil, assimilé au tout-puissant dieu Râ, mais ils vouaient également un culte particulier au dieu lunaire Khonsou, représenté sous la forme d’un taureau brillant à la pleine lune et d’un bœuf vieillissant à la lune décroissante. Ce dieu fut ensuite féminisé sous la forme d’une vache céleste. Isis la majestueuse, coiffée des cornes lunaires de la vache, symbole de fécondité, était pour Apulée, auteur latin du IIème siècle de notre ère, le nom suprême de la Reine des Cieux. Mais les caractéristiques lunaires trouvent un écho plus précis dans les métamorphoses successives du dieu Osiris, qui meurt pour ressusciter et voit son propre corps coupé en quatorze morceaux (soit une demi-lunaison), à l’exemple de la Lune qui change constamment d’aspect et ne disparaît du ciel que pour mieux réapparaître au bout du troisième jour.

La Lune, enfin, est liée à Horus, le fils divin d’Isis et Osiris, dont elle symbolise l’un des yeux. Le Livre des Morts, raconte comment Horus, pour venger la mort de son père, défia en combat singulier, son oncle Seth. Durant la lutte qui les opposa, Horus arracha les testicules de Seth qui, hurlant de douleur, lui jeta des ordures dans l’œil gauche; la Lune. L’œil malade se mit à s’écouler hors de son orbite, suivant ainsi la décroissante de l’astre nocturne jusqu’à sa disparition totale. Mais, heureusement, quinze dieux placés sous la surveillance de Thot, le dieu des Nombres et du Temps, parvinrent à guérir l’œil malade d’Horus; ces quinze dieux correspondant aux quinze jours nécessaires à la restauration complète de l’œil d’Horus, jusqu’à la pleine Lune. Chaque mois, la phase décroissante de la Lune correspondait donc en Égypte à l’influence maléfique de Seth et des puissances du Mal. Mais cette influence était contrebalancée, en lune croissante, par l’œuvre restauratrice de Thot et des puissances du Bien.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

Culte du dieu Sin


Sumer et Babylone

Voici 5000 ans naquit sur les rives fertiles de la Mésopotamie, entre Tigre et Euphrate, l’une des plus anciennes civilisations humaines répertoriées à ce jour. Sur un territoire correspondant à peu près à l’Iraq actuel, les Sumériens puis les Babyloniens qui leur succédèrent, posèrent les bases d’une cosmogonie et d’une religion qui allaient influencer la majorité des civilisations antiques, des Égyptiens aux Hébreux, en passant par les Grecs. Pour ces peuples archaïques, la divinité la plus importante, à laquelle ils vouaient un culte fervent, était le dieu-Lune Nanna, appelé plus tard Sin, fils d’Enlil, le ‘’Seigneur de l’atmosphère’’, et père du dieu-Soleil Outou. Ce premier culte lunaire était célébré dans la cité d’Ur. Le dieu avait sa résidence dans un temple situé à la base d’une grande ziggourat, sorte de tour à plates-formes superposées et ouvertes sur le ciel dont les ruines ont été dégagées et restaurées par l’archéologue Leonard Woodley entre 1924 et 1934. Le prêtre de cette religion lunaire se tenait au sommet de la ziggourat et attendait que la barque céleste vienne s’amarrer à l’embarcadère sacré, tandis que la foule des fidèles se massait dans la cour du temple. La ‘’barque céleste’’ (à savoir la forme qu’adopte le croissant de lune lorsque les pointes dont dirigées vers le haut) était l’attribut le plus visible et le plus populaire du dieu Sin, au point que les Sumériens le surnommèrent familièrement ‘’la Barque’’.

Sin était un dieu mâle plus puissant que le Soleil lui-même. Il présidait à la fécondité, aux eaux et au destin des hommes. Mais il n’était pas invulnérable, puisque chaque mois, après la pleine lune, il décroissait jusqu’à disparaître. Les Babyloniens expliquaient l’obscurcissement progressif de la Lune décroissante par les attaques de sept démons qui, chaque mois, se lançaient à sa poursuite, pour la dévorer. Le dieu Sin faisait appel à d’autres dieux pour mettre les démons en déroute. Le dieu lunaire pouvait alors se régénérer et reprendre sa forme première. En attendant, évidemment, l’attaque suivante des démons.

La région du dieu lunaire Sin avait des répercussions jusque dans l’organisation politique et sociale de la cité, puisque les rois de Babylone étaient considérés comme des images vivantes du dieu-Lune. C’est pourquoi, lorsque le satellite disparaissait du ciel, trois nuits par mois, le roi s’abstenait de toute action et de toute décision, laissant la reine assumer ses fonctions. Peu à peu, le culte voué à sa propre fille, la déesse Ishtar, puis par d’autres cultes rendus à de nouvelles divinités issues de cultures étrangères. Il en fut ainsi jusqu’à ce que le roi Nabonide, au VIème siècle, avant notre ère, découvre une inscription votive dédiée à Sin datant de 2000 ans avant J.-C. Nabonide rétablit alors la primauté du culte de Sin et se fit construire plusieurs temples de la Lune.

Après la conquête de Babylone par les Perses, en 539 avant J.-C., le culte lunaire dut maintenu. C’est ainsi que l’empereur romain Julien l’Apostat, ainsi nommé parce qu’il avait abjuré le christianisme pour revenir aux anciens cultes païens, serait venu en pèlerinage au temple de la Lune de Haran en 363, juste avant de trouver la mort lors d’une campagne contre les Perses.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne