lundi 12 juillet 2010

Lune noire du dimanche 11 juillet 2010.

Cette Lune Noire touchera particulièrement les Cancer et les Capricorne (tout particulièrement ceux du second décan, concernant ce signe). Ces deux signes seront les plus sensibles aux énergies de cette lune noire. Une lune parfaite pour honorer les déités dites ‘’noires’’ : dames noires, déesses fortes et sombres initiatrices. C’est le plus beau et le meilleur moment pour leur témoigner notre gratitude pour ce qu’elles nous ont aidé à changer, surmonter ou combattre. Pour souligner leur apport positif dans nos vies. Dévotions, prières, chants et offrandes; c’est la parfaite lunes pour les célébrer et leur rendre gloire. C’est également une lune idéale pour demander à de telles déités, de protéger les familles et foyers. Sous son œil sombre, c’est un bon moment pour purifier la maison des énergies négatives qui peuvent y stagner! Cette lune noire décuplera les effets d’une telle démarche!

C’est aussi le bon moment pour fabriquer des onguents, des sirops et des teintures, ou pour pratiquer un reiki, visant à soigner ou soulager les douleurs à la poitrine, au thorax et à l’estomac.

C’est une lune noire rassembleuse et très forte dans tout ce qui touche aux arts de la guérison, à la volonté de guérir et de chasser poisons et vieilles blessures; qu’elles soient physique ou qu’elles résultent de querelles passées. C’est le temps de passer l’éponge, d’oublier ou de pardonner. Bref, de passer à autre chose et de cultiver ou à tout le moins, de chercher, la paix.

De plus, cette lune noire pourrait jouer pour plusieurs, le rôle d’une bonne étoile et apporter et accorder son lot de chance à plusieurs d’entre nous. Pour ceux qui se sentent malchanceux et qui marchent malgré tout sur des œufs en ce moment, pour attirer la chance en concordance avec cette perle noire du mois de juillet, une petite recette simple. Mettre dans une pochette noire, un peu de poivre, de rose, d’anis étoilé et de bruyère, en faisant une prière de votre cru à la dame lune sombre au-dessus de votre tête. Porter cette pochette durant sept jours au terme desquels vous viderez le contenu au pied d’un arbre.

On peut se sentir un peu nostalgique, et ressentir le besoin de se retrouver dans un cocon; chez soi ou entourer de gens avec lesquels ont se sent bien; acceptés tels que nous sommes et accueillis tels que nous sommes. L’imagination et les sens s’emballent aussi; certains pourraient faire des rêves très habités! D’autres pourraient ressentir un étrange goût pour le passé; faites l’effort de regarder devant! Ne vous laissez pas tirer par derrière; cette lune peut apporter son lot de nostalgie, mais appréciez aussi toute sa chaleur au présent! Oui, car le soleil dans sa trajectoire astrologique, réchauffe cette lune noire particulièrement chaleureuse et affectueuse.

Elle peut soulever des relents du passer, rendre nostalgique, voire mélancolique; mais elle a surtout le pouvoir de rallier et rassembler. Et c’est de cet aspect qu’il faut savoir tirer parti! Elle gouverne aux rencontres, aux réunions et aux rassemblements. Ne restez pas seul dans votre coin en cette belle lune noire; allez vers les autres! Une telle sociabilité est rare en lune noire, profitons-en et remercions-la.

Bonne et belle lune noire à tous et toutes!

Bougies : jaune, noir, argent.

Pierres : citrine, obsidienne et nacre.

Herbes et encens : bruyère, muscade et rose.

Cercle sombre
Du ciel étoilé,
Tu rassembles
Entre tes bras,

Les enfants de la terre
Frères et sœurs.
Les souvenirs affluents,
Beaux et moins aimables.

J’accueille ce qui a été,
Sans tomber dans le piège,
De la contemplation du passé,
Qui pourrait me capturer,

Et m’entraver, alors,
Que passe chance
Et bonheur,
Sous mon nez.

Sous ton regard,
J’ouvre les bras
Et le cœur,
Aux autres,

Aux opportunités
De se rassembler,
De se réunir.
Sois remerciée

Belle et Haute Dame Noire,
Pour ta présence rassembleuse.
Puisses-tu unir beaucoup
De solitudes, lors de ton passage.

lundi 5 juillet 2010

L’œil d’Horus

Les Égyptiens vénéraient avant tout le Soleil, assimilé au tout-puissant dieu Râ, mais ils vouaient également un culte particulier au dieu lunaire Khonsou, représenté sous la forme d’un taureau brillant à la pleine lune et d’un bœuf vieillissant à la lune décroissante. Ce dieu fut ensuite féminisé sous la forme d’une vache céleste. Isis la majestueuse, coiffée des cornes lunaires de la vache, symbole de fécondité, était pour Apulée, auteur latin du IIème siècle de notre ère, le nom suprême de la Reine des Cieux. Mais les caractéristiques lunaires trouvent un écho plus précis dans les métamorphoses successives du dieu Osiris, qui meurt pour ressusciter et voit son propre corps coupé en quatorze morceaux (soit une demi-lunaison), à l’exemple de la Lune qui change constamment d’aspect et ne disparaît du ciel que pour mieux réapparaître au bout du troisième jour.

La Lune, enfin, est liée à Horus, le fils divin d’Isis et Osiris, dont elle symbolise l’un des yeux. Le Livre des Morts, raconte comment Horus, pour venger la mort de son père, défia en combat singulier, son oncle Seth. Durant la lutte qui les opposa, Horus arracha les testicules de Seth qui, hurlant de douleur, lui jeta des ordures dans l’œil gauche; la Lune. L’œil malade se mit à s’écouler hors de son orbite, suivant ainsi la décroissante de l’astre nocturne jusqu’à sa disparition totale. Mais, heureusement, quinze dieux placés sous la surveillance de Thot, le dieu des Nombres et du Temps, parvinrent à guérir l’œil malade d’Horus; ces quinze dieux correspondant aux quinze jours nécessaires à la restauration complète de l’œil d’Horus, jusqu’à la pleine Lune. Chaque mois, la phase décroissante de la Lune correspondait donc en Égypte à l’influence maléfique de Seth et des puissances du Mal. Mais cette influence était contrebalancée, en lune croissante, par l’œuvre restauratrice de Thot et des puissances du Bien.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

Culte du dieu Sin


Sumer et Babylone

Voici 5000 ans naquit sur les rives fertiles de la Mésopotamie, entre Tigre et Euphrate, l’une des plus anciennes civilisations humaines répertoriées à ce jour. Sur un territoire correspondant à peu près à l’Iraq actuel, les Sumériens puis les Babyloniens qui leur succédèrent, posèrent les bases d’une cosmogonie et d’une religion qui allaient influencer la majorité des civilisations antiques, des Égyptiens aux Hébreux, en passant par les Grecs. Pour ces peuples archaïques, la divinité la plus importante, à laquelle ils vouaient un culte fervent, était le dieu-Lune Nanna, appelé plus tard Sin, fils d’Enlil, le ‘’Seigneur de l’atmosphère’’, et père du dieu-Soleil Outou. Ce premier culte lunaire était célébré dans la cité d’Ur. Le dieu avait sa résidence dans un temple situé à la base d’une grande ziggourat, sorte de tour à plates-formes superposées et ouvertes sur le ciel dont les ruines ont été dégagées et restaurées par l’archéologue Leonard Woodley entre 1924 et 1934. Le prêtre de cette religion lunaire se tenait au sommet de la ziggourat et attendait que la barque céleste vienne s’amarrer à l’embarcadère sacré, tandis que la foule des fidèles se massait dans la cour du temple. La ‘’barque céleste’’ (à savoir la forme qu’adopte le croissant de lune lorsque les pointes dont dirigées vers le haut) était l’attribut le plus visible et le plus populaire du dieu Sin, au point que les Sumériens le surnommèrent familièrement ‘’la Barque’’.

Sin était un dieu mâle plus puissant que le Soleil lui-même. Il présidait à la fécondité, aux eaux et au destin des hommes. Mais il n’était pas invulnérable, puisque chaque mois, après la pleine lune, il décroissait jusqu’à disparaître. Les Babyloniens expliquaient l’obscurcissement progressif de la Lune décroissante par les attaques de sept démons qui, chaque mois, se lançaient à sa poursuite, pour la dévorer. Le dieu Sin faisait appel à d’autres dieux pour mettre les démons en déroute. Le dieu lunaire pouvait alors se régénérer et reprendre sa forme première. En attendant, évidemment, l’attaque suivante des démons.

La région du dieu lunaire Sin avait des répercussions jusque dans l’organisation politique et sociale de la cité, puisque les rois de Babylone étaient considérés comme des images vivantes du dieu-Lune. C’est pourquoi, lorsque le satellite disparaissait du ciel, trois nuits par mois, le roi s’abstenait de toute action et de toute décision, laissant la reine assumer ses fonctions. Peu à peu, le culte voué à sa propre fille, la déesse Ishtar, puis par d’autres cultes rendus à de nouvelles divinités issues de cultures étrangères. Il en fut ainsi jusqu’à ce que le roi Nabonide, au VIème siècle, avant notre ère, découvre une inscription votive dédiée à Sin datant de 2000 ans avant J.-C. Nabonide rétablit alors la primauté du culte de Sin et se fit construire plusieurs temples de la Lune.

Après la conquête de Babylone par les Perses, en 539 avant J.-C., le culte lunaire dut maintenu. C’est ainsi que l’empereur romain Julien l’Apostat, ainsi nommé parce qu’il avait abjuré le christianisme pour revenir aux anciens cultes païens, serait venu en pèlerinage au temple de la Lune de Haran en 363, juste avant de trouver la mort lors d’une campagne contre les Perses.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

mercredi 30 juin 2010

L’eau d’immortalité


On raconte en Extrême-Orient que jadis, le Soleil et la Lune, qui régnaient dans le ciel, prirent en sympathie les faibles humains et décidèrent de leur faire don d’immortalité. Pour cela ils envoyèrent sur la Terre un messager chargé de deux seaux attachés à un joug calé sur ses épaules. Le premier seau contenait de l’eau d’immortalité, destinée aux hommes, tandis que le second, contenait l’eau de mortalité vouée aux serpents. Le messager descendit sur la Terre et marcha longtemps en direction du campement des hommes. Fatigué, il se reposa un moment sur le bord du chemin, après avoir posé son joug au sol. C’est alors qu’un serpent se faufila entre ses jambes et renversa le seau rempli de l’eau d’immortalité qui se déversa sur lui.

Depuis, les serpents sont immortels et changent simplement de peau au moment des mues. Affolé, le messager constata que son premier seau était vide; l’eau d’immortalité destinée aux hommes avait été gâchée par le serpent et bue par la Terre. Il prit alors le second seau et le versa sur les hommes qui connurent la souffrance et la mort. Lorsqu’il remonta au ciel pour faire son compte-rendu, le messager coupable fut condamné par le Soleil à demeurer désormais debout sur la Lune avec son joug et ses deux seaux. Depuis, l’eau d’immortalité est à jamais perdue pour les hommes. Pour compenser, la Lune fait pleuvoir sur eux, chaque année à la veille du Nouvel An chinois, une eau de fécondité qui leur permet d’avoir une descendance nombreuse.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

mardi 22 juin 2010

Pleine Lune du samedi 26 juin 2010


Cette pleine lune touchera en particulier les Capricorne et les Cancer. Elle subit l’influence de plusieurs planètes (Soleil, Pluton et Mercure) et cela se sentira… si cela ne se sent pas déjà! Outre les Capricorne et Cancer, les Gémeaux et les Sagittaire sont aussi particulièrement touchés par cette pleine lune. C’est une pleine lune qui sera difficile pour les esprits effervescents et les natures éparpillées, une lune ronde, non pas rigide, mais disciplinée et organisée. Elle sera plutôt dure pour les gens désordonnés et les natures désorganisées; elle pourrait bien leur mettre quelques bâtons supplémentaires dans les roues, afin de les aider à se recentrer ainsi qu’à les inviter à revoir et revisiter leurs priorités. Il faudra faire un tri; on ne peut pas tout faire, et cette lune ronde nous aidera, pour la plupart, à trancher, coûte que coûte. C’est une lune qui a le mérite d’être claire, malgré son intensité et qui aidera ceux et celles qui ont du mal à faire des choix, qui sont à un carrefour de leur vie et qui nagent en pleine confusion.

C’est une pleine lune intense qui possède un petit côté autoritaire qui pourrait nous remuer si on ne prend pas soin de soi, si on ne prend pas le temps de se centrer ou recentrer, ou si on ne s’écoute pas. Elle pourrait alors se montrer quelque peu difficile et nous semer quelques embûches, pour nous faire comprendre la route indiquée à emprunter pour notre propre bien être. Le bon côté de la chose, est qu’elle permet vraiment de se recentrer, de se concentrer sur soi et de faire le tri dans nos idées, nos choix et nos projets. C’est aussi une lune très protectrice, et bénéfique pour ceux qui savent s’écouter et qui sont sensibles à ses courants. Idéale pour créer une bulle, une sphère ou un cercle de protection, pour combattre les énergies négatives et tenir loin de soi les natures énergivores. Idéale pour les intériorisations, les méditations introspectives et pour aller à la pêche en soi, pour prendre le temps d’aller en quête de ce qui doit être redresser pour continuer la route de manière plus sereine.

Les natures sensibles et hypersensibles, qui ont du mal à résister et à ne pas se laisser toucher et atteindre par les calomnies, les cancans, les regards des autres, pourront bénéficier des énergies tranchantes et protectrices de cette lune. Elle éloigne en effet ces désagréables ‘’choses’’ pour peu qu’on soit à son écoute et à l’écoute de soi. Elle aidera à faire une barrière, et peut-être même à repousser et à faire taire les mauvaises langues et autres langues de vipère. Avec un petit travail approprié sur soi, ne serait-ce qu’une grande respiration, un petit recul et un apprivoisement du détachement face aux calomnies et jugements des autres, elle nous aidera à se tenir loin et à ne pas être blessés. Le petit grigri suivant en accord avec ses énergies, porté durant les 7 jours suivant son apogée ( soit le 26 juin) peut aider : dans une pochette verte ou brune, glisser de la consoude, un œil de tigre et une pièce de monnaie datée de votre année de naissance. À porter sur soi, durant 7 jours et offrir en offrande au pied d’un arbre au bout de ces sept jours. Un judicieux petit coup de pouce supplémentaire.
On sortira plus fort et résolu de cette pleine lune, et aussi, avec des décisions mûries d’avantage. On sera sans doute plus ancré en soi et face aux bourrasques occasionnées par un entourage instable ou des mauvaises langues. Bien sûr, il faut cependant s’écouter et être un minimum réceptif à l’énergie de cette pleine lune pour se faciliter les choses : suivons son courant! Si non hé bien, elle pourrait être un peu plus difficile, mais nous passerons tous au travers, peu importe nos choix!

Les gens sur lesquels on a tendance à s’appuyer, parce qu’ils sont solides et forts, peuvent avoir une faiblesse ou une fatigue. À ceux-là; prenez du temps pour vous et fermer la porte aux énergivores, même les plus adorables! Aux autres, comptez un peu plus sur vous-mêmes et cultivez votre confiance et votre estime personnelle en vos propres moyens! C’est le moment ou jamais de marcher par vous-mêmes; la lune ronde de juin vous apporte son appui. Laissez un peu de répit aux forces de la nature habituelles qui vous entourent, et prêtez-vous foi; vous êtes capable!
C’est une lune de solitude fertile, d’instinct décuplé si on sait faire le silence autour de soi et en soi. On fait un pied de nez à nos peurs, nos incertitudes et tout ce qui nous tire vers le bas. On reprend des forces et on balaie sainement les doutes.

Douleurs aux genoux et mollets qui tiraillent? Le moment parfait pour réclamer un massage à l’amoureux, ou se masser soi-même, avec un baume concocté sous les auspices de cette lune pleine. Les onguents pour soigner les maladies de la peau, démangeaison ou rougeurs, bénéficient aussi d’être mis au point sous le règne de cette pleine lune. Sous cet plein lune, certains et certaines pourraient recevoir un message clair lors d’une marche ou bien d’une méditation; chacun sa méthode pour plonger en toi et faire le vide!

Cette lune est donc dure, tranchante, mais aussi bienveillante même si autoritaire; elle peut être une très belle occasion de refaire le plein de conscience de soi, de son pouvoir et de ses capacités. Choses que l’on oublie parfois, en courant nos palpitants et essoufflant quotidiens, où nos estimes sont soumises aux regards des autres que les critiques et jugements d’autrui, grugent et affaiblissent. Une belle lune pour prendre conscience de ce que l’on vaut, pour redécouvrir nos capacités et s’accorder du crédit, plus qu’aux opinions d’autrui. Se recentrer, se regarder franchement, prendre l e temps. C’est une lune exigeante de persévérance, franche et droite. Sous son œil blanc et rond on récoltera, ce que l’on aura semé!

Bonne Pleine Lune de Juin à tous et toutes!

Bougies : brune, verte, argent.

Pierres : hématite, œil de tigre et agate mousse.

Herbes et encens : rue, immortelle et consoude.

Belle souveraine
Au blanc manteau,
Belle reine des cieux,
À la robe argentée,

Ton regard impitoyable
Se pose sur mon âme,
Farfouillant sans pitié ni relâche,
Les recoins vulnérables et exposés.

Puisses-tu me protéger,
Alors que je plonge en moi,
Sous ton œil éclairant,
De sagesse et de franchise.

Tiens loin de moi,
Les langues douteuses,
Apprends-moi,
À m’entendre et à m’écouter.

Belle Lune Ronde,
Soit remerciée de ta présence
Au-dessus de nos têtes bénies
De ton règne laiteux.

Puisses-tu veiller
Sur mes frères et sœurs,
Partout sur la Terre,
Et leur apporter la force
De plonger en eux;

Pour s’aimer et aimer autrui.
Amour, paix et vérité…

vendredi 18 juin 2010

La Lune en Chine et au Japon


Le calendrier traditionnel chinois comporte dix soleils, correspondant aux dix jours de la semaine chinoise, et douze mois lunaires régis par douze lunes différentes, la pleine Lune étant fixée au quinzième jour de chaque mois. À la pleine lune de l’équinoxe d’automne, soit au quinzième jour du huitième mois, a lieu la grande fête rituelle de la Lune, à laquelle les hommes ne sont pas admis. Au cours de cette fête, on mange des gâteaux en forme de croissant de Lune tout en faisant des offrandes de fruits et de fleurs d’amarante rouge à la déesse Heng-ugo, la mère des douze lunes. Les lunes doivent ensuite, l’une après l’autre, prendre place dans un grand chariot qui les conduit, après un voyage d’un mois, à l’est du monde.
Un autre calendrier traditionnel chinois établi à partir des phénomènes météorologiques ou naturels, évoque la ‘’lune des premières gelées’’, la ‘’lune du temps noir’’, la ‘’lune du grand froid’’, la ‘’lune du mois de l’élan’’, la ‘’lune du renne’’, la ‘’lune des premiers poissons’’, etc.

Une fête d’origine chinoise vouée à la contemplation de la Lune, la fête du Tsuki-mi, fut importée au Japon autour de l’année 897 et pratiquée à la cour impériale jusqu’au XIIe siècle. On y improvisait des ‘’waka’’ (poèmes de trente et une syllabes) et des haïkus (poèmes de dix-sept syllabes) en regardant la Lune, censée inspirer les poètes. Cette coutume s’est répandue dans les villes et les campagnes à partir du XVIIe siècle. Contrairement au Soleil, associé au principe mâle yang, la Lune chinoise est d’essence yin, c'est-à-dire féminine, humide, froide et passive. Elle est l’eau par rapport au feu, le froid par rapport à la chaleur, le nord et l’hiver par rapport au sud et à l’été. Assimilée aux eaux primordiales, la Lune provoque la pluie et la fécondité des femmes, des animaux et de la nature.


Le culte rendu à la Lune se retrouve dans mille petits détails de la vie quotidienne en Chine traditionnelle. Ainsi, les ponts qui enjambent les rivières sont en arc de cercle de façon à ce que, complétés par leur reflet dans l’eau, ils figurent le disque lunaire entier. Les anciens empereurs de Chine portaient des robes rituelles aux manches très larges qui dessinaient un cercle lunaire lorsqu’ils levaient les bras. Canon de beauté absolue à la cour impériale, la Lune se retrouvait jusque dans le visage plat, rond et blanc des concubines, dont les sourcils étaient arqués en forme de croissant de Lune.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne

mardi 15 juin 2010

Les fêtes mobiles de l’année liturgique chrétienne


La Lune était toujours associée aux anciens cultes païens, il est logique que son culte ait été interdit par les prêtres de la nouvelle religion chrétienne. D’ailleurs, dès le récit de la Genèse, dans l’Ancien Testament, le Soleil et la Lune sont désignés comme des ‘’luminaires’’ afin de bien montrer qu’ils ne sont que de simples sources de lumière naturelles créées par Dieu, et non pas des dieux : ‘’Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel pour séparer le jour d’avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années; et qu’ils servent de luminaires dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit.’’

Durant des siècles, l’Église catholique romaine prit de sévères mesures pour détourner le peuple de ses anciennes pratiques païennes consistant à vénérer les arbres, les fontaines, et bien évidemment, la Lune. Dans son Sermon sur les superstitions, Saint Éloi s’exclamait : ‘’ Que personne n’appelle son maître le Soleil ou la Lune, et ne jure par eux.’’ L’un des moyens utilisés par l’Église pour contrer le paganisme consista tout simplement à christianiser les anciens lieux de culte. C’est ainsi que la Lune, considérée jusqu’alors comme une divinité païenne, fut assimilée au visage doux et rayonnant de la Vierge Marie émergeant de son grand manteau bleu nuit parsemé d’étoiles figurant la voûte céleste, les pieds posés sur un croissant de Lune. Dans les litanies qui lui sont consacrées, la Mère de Dieu est d’ailleurs couramment appelée ‘’Étoile du Matin’’ ou ‘’Porte du Ciel’’.

L’année liturgique chrétienne est fondée en partie sur des fêtes fixes instituées à partir du calendrier solaire (c’est le cas de Noël, associé au solstice d’hiver), et en partie sur des fêtes mobiles en rapport avec le calendrier lunaire : la principale d’entre elles est Pâques, dont la date, variable chaque année, est fixée depuis l’an 325 de notre ère au premier dimanche qui suit la pleine lune de l’équinoxe du printemps.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne