jeudi 10 juin 2010

Te Marama, la Lune (Océanie)


Mythes et Légendes du Monde Entier, Éditions de Lodi

Tous les êtres vivants sous la Lune mourront, tandis que ceux qui sont au-dessus d’elle vivront éternellement. Le destin de Te Marama (la Lune) est cependant différent puisqu’elle meurt tout les mois pour revivre de nouveau. La Lune est également associée au cycle menstruel des femmes et souvent mentionnée sous le nom de Hina (vierge), comme dans le dicton ‘’Na Hina te po, na Hina te ao’’ (de Hina procèdent le jour et la nuit).

D’après une légende de l’extrême nord de l’île du Nord, Rona, une femme, sortit une nuit puiser de l’eau avec sa gourde. La Lune passa derrière un nuage, de sorte que Rona trébucha et maudit la Lune de ne pas lui donner de lumière. Cette dernière se mit en colère et descendit s’emparer d’elle. Rona s’agrippa à un arbre mais il fut arraché du sol avec les racines. Depuis, lorsque la Lune est pleine, on peut y voir Rona avec sa gourde et son arbre. Les insultes qu’elle cria à la Lune sont parfois considérées comme l’origine des malédictions et diffamations, et un dicton y fait référence : ‘’Ka mahara ki te he o Rona’’ (rappelle-toi de l’erreur commise par Rona). Rona était supposée contrôler les marées, d’où son autre nom ‘’Rona-whakamau-tai’’ (Rona gardiennes des marées). Les tribus de l’ouest de l’île du Nord racontent une histoire similaire dans laquelle Rona est un homme, un rangatira (grand chef) contrarié de devoir puiser de l’eau en l’absence de sa femme. Dans le Sud de la baie de Plenty et la région d’Urewera, Rona sortit chercher de l’eau avec sa sœur Tangaroa-a-roto et lorsqu’elle insulta la Lune, deux deux femmes furent emportées et devinrent les épouses de la Lune. Dans la baie de Hawke et certaines régions de l’île du Sud, les phases de la Lune et ses éclipses étaient considérées comme les résultats des disputes permanentes entre la Lune et Rona.

mercredi 9 juin 2010

Tarots, Lune et Oracles

Ici et là, en cet espace qu’est ce blog entièrement dédié à la Lune, vous pourrez retrouver quelques photos et significations de l’Arcane Majeur de La Lune, selon divers tarots et oracles. Le but est bien entendu de partager quelques belles cartes; de jolies images où figure la Lune. Mais aussi, de faire la lecture de ce que chaque tarot ou oracle à a raconter au sujet de la Lune et de sa fertile symbolique. Il est en effet intéressant non seulement de voir les liens communs qui se retrouvent d’un tarot à un autre, d’un oracle à un autre, mais aussi, de noter les différences d’interprétations. Au fil des découvertes, des symboles inaltérables et incontournables se dessinent, revenant sans cesse, d’un tarot à un autre, d’un oracle à un autre. Il s’agit des symboles typiques liés à la Lune dans le Tarot et les oracles. Selon les influences créatives des différents auteurs, il est aussi intéressant de constater des variantes, des ajouts et des mariages. Le tarot des Druides du couple Carr-Gomm, inspiré largement du tarot de Marseille, allié à de forts symboles druidiques et wiccains, donne une vision intéressante, complète et actuelle de l’arcane de La Lune. On y fait le lien avec l’univers païen contemporain, l’univers où la Déesse renaît dans la conscience collective. On y retrouve aussi quelques clés anciennes héritées du Tarot de Marseille. Le Tarot de la Licorne, est très près du Tarot de Marseille, avec quelques ajouts de la part de l’auteur, une médium qui a su allier ses influences féériques (liés à la Licorne comme emblème de ce monde pour elle) aux clés classiques du Tarot de Marseille.

Comme quoi on ne réinvente pas la roue, mais qu’il est intéressant et fascinant de constater les caractéristiques et clés associées à la lune en divination (tarots et oracles) qui viennent et reviennent toujours. Tout en ouvrant un œil plus vaste sur d’autres données non exemptes de pertinences. Il faut savoir se laisser toucher par un tarot ou un oracle, et sa singularité.Ainsi, la divination devient plus ‘’amicale’’ ou accessible. Il y a une variété quasi infinie de Tarots et d’oracles de tout acabit; au fil du temps et de mes découvertes, je me ferai un plaisir de poser ici images et significations… Par simple plaisir, et pure curiosité, et surtout, un amour infini et immodéré de la Lune sous toutes ses formes et ses aspects!

La Lune dans le Tarot de la Licorne


XVIII La Lune

(Le Tarot de la Licorne, par Suzanne Star et illustré par Liz Hilton, Édité par Carta Mundi)

Sur le dessin, un troubadour caresse gentiment sa mandoline, essayant de plaire à la femme qui se trouve debout, la main sur la hanche et qui a l’air assez indécise. Elle n’a pas vraiment l’impression de contrôler pleinement la situation. Elle se sent interpellée par la Licorne spirituelle et par la pleine Lune, et elle est attirée par la musique apaisante. Elle est toutefois prédisposée à des sauts d’humeur, symbolisant par là les émotions bouleversées de la femme. Sur le sol, une écrevisse est sortie de sa sombre mare pour voir ce qui se passe; cette créature sombre et mystérieuse représente nos propre soupçons et insécurités enfouis, les choses qui peuvent parfois intriguer notre esprit. La Licorne se cabre vers la pleine Lune, indiquant une conscience et un aboutissement spirituels devant mener à une expérience qui devrait être éclairante au niveau spirituel.

Signification divinatoire : Des sentiments subconscients rendus confus par des perturbations émotionnelles. Insécurité. Mauvais amis. Calomnie. Désillusion.

Signification opposée : Il pourrait y avoir une indication d’abus de drogues ou d’alcoolisme, comme tentative de fuite. Personne indigne de confiance.

La Lune dans le Tarot des Druides


XVIII
La Lune


(Selon Le Tarot des Druides, de Philip et Stéphanie Carr-Gomm, Éditions Véga)

Un croissant de Lune montante brille dans le ciel, sa pâle lumière se reflète dans la mer. À l’avant-plan, un crabe sort de l’eau. Deux pierres dressées forment un passage : elles sont les deux pierres représentées dans la carte de la Grande Prêtresse, mais nous les considérons maintenant depuis l’autre côté. Entre le rivage et les pierres, un loup et un chien hurlent à la Lune. Un sentier difficile venant du rivage passe entre les deux canins et les deux pierres, et continue à travers les collines. Les deux pierres représentent la Porte de la Peur qui mène à la Renaissance, et le loup et le chien sont les Gardiens du Seuil, et aussi des alliés et guides potentiels dans l’Autre-Monde, qui s’étend au-delà du passage.

La Signification de la Lune
Le chemin qui traverse la vie peut parfois être difficile, mais plus nous pénétrons le mystère de l’existence, plus la récompense est riche. Si loin que nous ayons pu voyager, nous pouvons encore être victime de l’illusion, mais ce n’est pas une raison pour reculer. La peur nous protège du danger et met en lumière nos limites émotionnelles, mais cette carte nous dit que la peur peut-être aussi notre allié et notre maître. Le chien et le loup hurlent à la Lune, et il faut du courage pour passer entre eux, vers une destination que nous ne pouvons pas voir. Mais si nous avons le courage de le faire, nous nous apercevrons qu’ils sont devenus nos alliés et nos guident dans l’Autre-Monde qui nous protègent et nous montreront la voie.
Il est dit que la carte La Lune ‘’révèle ce que la Grande Prêtresse cache’’, et ici nous entrons dans le monde de la Déesse et des mystères féminins les plus profonds. Dans la carte La Grande Prêtresse, nous la voyons invoquer la Lune et jouer le rôle d’intermédiaire humain entre La Lune et la Déesse. Maintenant elle s’est écartée, et nous pouvons contacter ces forces directement, si nous pouvons vaincre notre peur et les dangers de l’illusion.

La Lune est associée aux menstruations, et ainsi, avec le processus naissance mort et renaissance; la créativité sous toutes ses formes. Quand nous entrons dans le monde de la Lune, nous allons à une source de créativité : le monde de l’imagination et des rêves; un monde mystérieux et intrigant qui peut nous plonger dans l’illusion et aussi nous inspirer des visions. C’est le monde de l’enchantement, qui peut être positif et négatif. C’est ici que nous devons user de nos facultés de discrimination; telles qu’elles sont représentées dans La Justice, qui est juste au-dessus de La Lune quand le Grand Arcane est disposé en trois rangées.
Au centre de chacune de ces rang.es, de ces trois niveaux d’initiations, il y a une carte qui représente une épreuve ou un défi. Le Seigneur, La Justice et La Lune. Le défi représenté par la Lune consiste à affronter vos peurs, et à utiliser votre discrimination pour séparer la vérité de l’illusion, tout en vous permettant d’être ouvert au monde de l’imagination et de la vision psychique.

Mots clés : éveil psychique, rêves, imagination, révélation profonde des mystères féminins, retrait, faire face à ses peurs.

Sens : Changement, imagination et créativité. Parfois, trouver cette carte dans un tirage peut indiquer un voyage émotionnel difficile, et vous pouvez éprouver un sentiment de solitude ou d’isolement. Mais souvenez-vous de l’homologue numérologique de la carte : IX L’Ermite. Vous pouvez avoir un sentiment de solitude, mais L’Ermite est là comme guide intérieur, son compagnon le loup, est toujours prêt à vous aider et à vous protéger. Comme la Lune, notre vie à ses phases, et tout sentiment de solitude ou de confusion que vous pouvez ressentir changera, quand cette phase d’expérience atteindra son achèvement naturel. Cette carte peut aussi signifier une période de changement, ou l’arrivée dans votre conscience de matériau venu de l’inconscient, symbolisé par le crabe sortant de la mer. Cela peut vous bouleverser, mais cela peut aussi vous aider dans votre processus créatif. Ayez ceci à l’esprit : le contraire de la peur est la confiance, et si vous vous laissez guider par la confiance, vous passerez bientôt par l’expérience de la peur, pour en ressortir plus fort et béni par la Déesse.
Par-dessus tout, c’est une carte d’imagination, de fantaisie, de vision, et de travail créatif, énergétisée par ces forces. Que vous éprouviez ou non de la peur, une attitude de confiance combinée avec le discernement vous permettra d’utiliser les qualités apportées par la Lune de la façon la plus efficace pour votre vie.


Le message de La Lune est
La peur est un maître et un allié puissant. Si vous pouvez franchir les portes de la mort, vous arriverez au monde de la Déesse, qui vous octroiera une vision intérieure.



Mots clés : confusion, fantasmes, dépression, consommation de drogues, difficultés cachées.

Sens inversé : Si vous avez déjà fait des cauchemars,, vous devez savoir à quel point le monde intérieur de l’imagination peut être terrifiant. Si vous trouvez La Lune inversée dans votre tirage, cela peut indiquer une période de confusion, ou même de débat avec de graves problèmes résultant de perturbations dans votre psyché. Cela peut suggérer que vous, ou d’autres gens, avez dit des mensonges, ou que vous êtes impliqué dans une relation entachée de fantasmes fondés sur des illusions et des projections. Si vous avez besoin de prendre d’importantes décisions, ou de vous engager, soyez très prudent!

mardi 8 juin 2010

Séléné; mythologie lunaire


Filiation et apparence
Déesse grecque, fille des Titans Hypérion et Théia, et sœur d’Hélios le Soleil et d’Éos l’Aurore. Pour sa part, elle est déesse de la Lune, et en particulier de la Pleine Lune. En effet, elle est particulièrement associée à cette phase de la Lune. Car elle fait partie d’une trinité qui est la suivante : Artémis (croissant de Lune), Séléné (Pleine Lune) et Hécate (nouvelle Lune). Elle est cependant l’essence même de la Lune et sa plus pure représentation. Elle est l’astre lui-même, et pour les romains, elle sera connu sous le nom simpliste de Luna. Fait intéressant, selon l’Hymne homérique à Hélios, elle serait la fille d’Hélios et d’Euryphaessa. Cependant, les sources qui causent de cette filiation sont beaucoup moins nombreuses, et moins connues. Elles ont pourraient-on dire, une importance poétique et une richesse de liens et de symboles, sans guère plus. Il est intéressant de noter qu’elle est considérée comme une déesse archaïque.

En effet, Hélios et Séléné sont des déités préolympiques. Quand Hélios terminait sa balade dans le ciel, sa sœur Séléné prenait le relais, quittant le royaume d’Océanus, territoire aqueux qui ceinturait le monde, l’entourant. Alors que la nuit arrivait, la déesse quittait donc ce royaume des eaux, pour regagner le ciel. Commençait alors le voyage de Séléné au travers les étoiles.

Une autre filiation qui trouve son origine et son explication dans l’époque où s’installa le règne de la toute-puissante Artémis, est la suivante : Séléné serait tout comme Artémis, fille de Zeus. Il s’agit là d’une récupération opérée pour mettre les deux déesses au même niveau. À cette même époque, on en a aussi fait la fille du titan Pallas. La référence la plus facile à trouver à ce sujet, étant une ligne dans l’œuvre homérique ‘’Hymne à Hermès’’ et son insistance patrilinéaire caractéristique qui va comme suit : ‘’ Brillante Séléné, fille du seigneur Pallas, fils de Megamedes.’’

Quand la déesse Artémis a pris beaucoup plus de place et d’importance, on a porter atteinte au mythe original de Séléné; à la fois pour la confiner en bonne seconde et ombre lunaire d’Artémis, et à la fois pour conserver sa précieuse antique et incontournable présence. On a donc un peu écorché son mythe très ancien et original à la fois pour son bénéfice et à son détriment. Heureusement, on peut remonter à ses origines, car c’est une déesse antique qui a laissé sa trace bien claire et nette. On a donc incorporée Séléné dans les mythes devenus plus importants, concernant la belle déesse Artémis; à la fois pour la conserver, et pour en faire une parente de pâle figure.

Elle est plus souvent qu’autrement décrite, comme une très jolie femme au visage d’une blancheur étincelante, portant des tenues longues, fluides, blanches et argentées. Sa tête ornée d’un croissant de lune couché sur le dos. Parfois, elle est décrite ayant des ailes blanches dans son dos. On dit d’elle qu’il lui arrive de porter une torche dans sa main droite, et qu’elle voyage dans la vastitude du ciel stellaire, dans un char en argent, tiré par deux chevaux d’une blancheur immaculée. On dit aussi qu’après ses baignades dans l’océan, elle aime faire des courses dans le ciel; un char d’argent tiré par des chevaux blancs, mais parfois par des bœufs blancs ou des dragons à l’apparence serpentine. Luisant d’une lumière argentée, on dit aussi qu’il est possible de la voir se balader parmi les étoiles, montant un étalon blanc ou un taureau blanc, renvoyant sa douce lumière laiteuse en complicité avec son frère Hélios, sur la Terre et ses enfants endormis.

Son nom est associé à celui d’une pierre, mais aussi à l’élément chimique nommé Selenium, ainsi qu’à la sélénologie qui constitue l’étude de la géologie de la Lune. Son nom tant qu’à lui, dériverait d’un mot qui signifierait ‘’brillance’’ et on fait parfois le lien avec un terme grec désignant les ‘’lumières du nord’’ les aurores boréales. Il ne serait pas impossible que le nom de cette belle déesse soit aussi lié à ce phénomène naturel des cieux.

Mythe
Le mythe de Séléné est un mythe ancien, qui date d’avant même le panthéon Olympique. Ce qui fit qu’éventuellement, elle fut supplantée par la présence d’Artémis, et dans la mythologie romaine, ce fut le cas aussi avec Luna qui fut peu à peu remplacée par Diane. Apollonios de Rhodes (poète et grammairien grec, disciple de Callimaque de Cyrène et auteur de la longue épopée ‘’Les Argonautiques’’) se réfère à Séléné comme la fille des Titans qui tomba follement amoureuse d’un mortel, qui était chasseur ou berger. Dans la version de Pausanias il s’agissait d’un roi d’Élis (ou Éleia) nommé Endymion, d’Asie Mineure.

À l’instar de sa sœur Éos (Aurore) elle eut de nombreux amants (Pan, Zeus et Endomyon étant les plus importants) et fut une amoureuse sincère et une amante passionnée. Le dieu Pan tomba amoureux d’elle, et pour la séduire, lui offrit un troupeau de bœufs (et de vaches) blancs. Comme cela ne suffisait pas, il se changea en bélier à la toison d’un blanc immaculé et éclatant pour la séduire. Ce fut sous cet aspect qu’elle tomba sous son charme, et ensuite il gagna son amour et ses faveurs. Le dieu des bergers, des montagnes, de la chasse et de la musique rustique, fameux compagnons des nymphes, sut ainsi gagner le cœur de la belle déesse de la Lune. Selon Virgile, Pan lui offrit ses deux destriers tirant son chariot argent, en plus de la séduire en revêtant la plus blanche des peaux de bélier (et non pas en se changeant en bélier immaculé).

Elle fut aussi l’un des nombreuses conquêtes de Zeus, qui lui donnera deux filles; Pandia et Ersé (la Rosée). C’est lui qui lui offrira la magnifique toison blanche et étincelante, de laquelle elle est parfois vêtue. Et qui est associée à la gelée blanche givrée des froids premiers matins de printemps.

Son grand amour, et le plus marquant, fut cependant celui qu’elle nourrit pour Endymion avec lequel elle aura cinquante filles. Ultimement, elle le plongera dans un sommeil éternel pour qu’il conserve à jamais sa beauté, mais surtout qu’il ne meurt jamais (car il est simple mortel et elle ne peut imaginer vivre sans lui). Ne pouvant se résigner à vivre un jour sans lui, et à le voir mourir et disparaître à jamais, elle obtint pour lui de Zeus, une immortalité, et Endymion fut endormi pour l’éternité. (Parfois la demande émane du berger et amant de Séléné lui-même, et c’est elle qui lui a procuré cet état d’un commun accord. D’ailleurs, il est une version ancienne plausible, qui est sans doute la première, c'est-à-dire que son origine date d’avant l’arrivée de Zeus et d’une toute-puissance patriarcale. C’est que Séléné est une déesse très ancienne, et si son étoile a pâlit en un certain moment, elle n’en demeure pas moins une déesse archaïque qui fut plus que fort probablement dotée de pouvoirs puissants dont elle put elle-même user sans besoin d’un ancien amant, fut-il le dieu des dieux. J’aime personnellement beaucoup cette vision de son mythe, qui fait d’elle une déesse capable et indépendante, qui plongea elle-même avec amour son amant adoré dans un sommeil éternel qui le préservait de la mort, à jamais. Avec l’accord de ce dernier d’ailleurs, et sans perfidie, égoïsme ou vicissitude.) Séléné venait le voir régulièrement dans une grotte du Mont Latmos en Carie, lors de son passage dans le ciel, et le caressait de ses rayons d’argent, le baignant de sa tendre lumière laiteuse. Une légende raconte aussi que lors de la présence d’Hécate dans le ciel, elle en profitait pour s’éclipser du ciel pour se glisser physiquement aux côtés de son amant plongé dans le sommeil éternel. Une autre légende raconte qu’à chaque nouvelle lune Séléné se cachait pour ne pas être mangée par un dragon terrible. On effectuait dans le but d’éviter ce désastre, de nombreux rituels. Mais pour l’explication de son ‘’départ du ciel’’ à chaque lune nouvelle ou noire, je préfère celle du retour mensuel d’Hécate souveraine et de Séléné allant rejoindre Endymion…

Cicéron (dans Tusculanae Disputationes) atteste lui-même que la version du mythe où Séléné demande à Zeus de procurer à son amant le sommeil éternel, est révélateur de la transformation d’un mythe archaïque pour le transformer à la faveur de la mythologie de l’ère Olympique, très patriarcal qui récupéra nombre de mythes pour les changer et incorporer à saveurs plus patriarcales. Cicéron reconnaissait ainsi, que la déesse devait en fait avoir au départ, user de son pouvoir de manière autonome , et qu’Endymion n’est pas sa pauvre victime passive de femme perfide et égoïste, mais un amoureux mortel consentant. Il aurait lui-même accepté ce sort, pour ne jamais perdre la vie, sachant surtout que sa divine amante allait le rejoindre le plus souvent que possible. Car il est aussi dit qu’elle le caressait toutes les nuits, et allait le voir régulièrement.

Elle eut d’Endymion cinquante filles; les Ménae, incluant naxos, la nymphe gameuse qui donna son nom à l’île de Naxos. Le sanctuaire d’Endymion au Mont Latmos existe encore; il conserve sa forme de fer à cheval, avec un hall muni de piliers.
Pandia, la fille qu’elle eut de Zeus et ton le nom signifie ‘’éclatante brillance’’ et elle est l’incarnation de la brillance. Comme telle, sa beauté était renommé parmi les dieux eux-mêmes. Elle était pourvue de par sa mère, d’une sœur (avec Zeus) et de cinquante sœurs, les Ménae. Mais aussi (par son père) d’un frère monstrueux; le Lion de Némée, tué par Hercule (Héraclès). Une légende dit que parfois, Séléné offrait ou cédait sa place dans le ciel, à sa radieuse fille Pandia, lors de la pleine Lune. Peut-être à cette occasion, allait-elle rejoindre Enymion le bel endormi?

À noter ; les Ménae sont les déesses des phases de la Lune. Les filles de Séléné et Endymion présidaient aux cinquante mois du calendrier lunaire qu’utilisaient les grecs pour mesurer le temps. (Parmi les Menae on peut nommer Nemea, Mesomene, Meniskos et Mene. Celles qui correspondent aux phases les plus connues de la Lune, qui demeurent actuelles encore aujourd’hui.)

Peuple de la Lune
Les Sélénites ou Séléniens sont les habitants de la Lune. Leur existence a été soupçonnée à plusieurs reprises, par plusieurs cultures à travers les âges, les époques et les temps. Ils ont bien sûr hérité leur nom, de celui de la déesse Séléné. Ils sont évoqués au IIe siècle, par Lucien de Samosate dans ce qui est considéré comme le premier écrit de science-fiction : l’Histoire Véritable : ‘’Une alliance est faite entre les Héliotes et leurs alliés, les Sélénites et leurs alliés, à conditions que les Héliotes raseront la muraille d’interception et ne feront plus d’irruption dans la Lune.’’ On les retrouve présents ensuite, dans plusieurs légendes, œuvres littéraires, et même, cinématographiques. Ils sont décrits comme des êtres graciles, aux mouvements fluides et aux physionomies délicates. Arborant un teint pâle et des tenues blanches, argents et jouant de transparence voilée. Beaucoup leur apparente les fées, lutins, nymphes et autres créatures fantastiques, élémentales et mythologiques.

Conclusion
Séléné n’est pas une déesse vierge, c’est une mère et une amante Lunaire. Les cinquante filles qu’elle eues avec Endymion sont le symbole d’une union longue et heureuse. Le sommeil de son amant, suppose qu’elle le protège à jamais, amoureusement. C’est une déesse très anciennes, aux racines profondes et c’est une déesse forte et douce à la fois. Assumée, séductrice et libre, mais capable de fidélité, de grand amour, d’engagement et de sentiments profonds. C’est une déesse de la Lune parmi les plus anciennes, une déesse puissante, douce, maternelle, séductrice et magicienne. Une amante libre et assumée, une amoureuse engagée et aimante. Une beauté éthérée et sensuelle, une déesse inspirante en somme!

jeudi 3 juin 2010

Lune alchimique


Il fut un temps où… le Soleil passait pour un animal et la Lune, pour une plante. Il fut un temps où l’on croyait que la Lune agissait sur les plantes la nuit. Qu’elle régissait leur croissance, de sa lumière nocturne. Elle était la marraine des herbes, la magicienne nourricière nocturne de la flore. Ses rayons laiteux baignant les herbes et les fleurs, et leur permettant de croître. Astre aqueux, on lui a déjà attribué la présence de la rosée du matin. Eau hautement magique et pure, eau de fée et ingrédient magique de choix.
En alchimie, la Lune a une grande importance, ainsi que le Soleil. Indissociables, ils s’unissent en Alchimie, pour donner vie à l’être renouvelé (leur mariage préside à la renaissance) nommé Rebis. Un être qui a vécu une renaissance, enfantée et fécondée par l’union du Soleil et de la Lune, principes lunaire et solaire. Un être conscient de sa double nature lumineuse et obscure. Un être qui a su aller explorer ses facettes sombres, plonger dans ses profondeurs abyssales et découvrir ses propres mystères, énigmes et vérités. (Principe et legs lunaire.) Tout en ayant su remonter vers la lumière et en toute humilité, découvrir et accepté la dimension spirituelle de son être sur le chemin de la sagesse. (Principe solaire.) Unis, soleil et lune donnent corps au parfait androgyne, qui est le tout. La soleil est le dissolvant et la lune, le corps soluble.
En alchimie, la Lune est le principe féminin et, est liée à l’argent, métal de lune des alchimistes.

Pour l'alchimie les sept métaux étaient liés aux planètes:

•Or dominé par le Soleil
•Argent dominé par la Lune
•Cuivre dominé par Vénus
•Fer dominé par Mars
•Etain dominé par Jupiter
•Mercure (vif argent) dominé par Mercure
•Plomb dominé par Saturne

Elle est celle aussi la source de la Mirifica Aqua, l’eau qui donne la vie aux âmse et anime les corps et les organes. Les alchimistes grecs avaient à cet égard, l’exemple d’un dragon démembré, auquel l’eau de Lune restaurait son corps et lui rendait sa vie. Une métaphore servant à imager le pouvoir de la lune, ses vertus et ses propriétés. Il était dit aussi, que la rosée tombait du ciel, cadeau de la lune, et que seule cette eau d’ablution rendait le corps prêt à recevoir l’âme. Parce qu’il n’y avait pas d’eau plus pure.
De nombreux alchimistes étaient médecins et, voyait en la lune, une influence certaine régissant les modifications physiques de la maladie et de la santé, et croyaient qu’en étudiant et considérant ses phases, ils trouveraient des remèdes et obtiendraient la guérison. Ils croyaient que la lune était un élément décisif pour prononcer un diagnostic. Elle était jugée la plus importante planète à influencer la terre et ses habitant; expliquant sa puissance de par sa proximité avec la Terre.

La froideur de la Lune

La Lune est réchauffée et illuminée par le Soleil. Elle est vue comme un principe froid, mystérieux et souvent féminin. Dans les cultures où la femme tenait un rôle important au foyer, représentant chaleur et maternité, elle était souvent femme solaire et homme lunaire. Il est intéressant de faire le lien et d’explorer la vision de chaleur et froideur. Ainsi, les dieux lunaires, n’ont souvent rien à voir avec des pères de famille, des rois bienfaisants ou des natures chaleureuses. Ce sont souvent des gens centrés sur la connaissance, le savoir, l’érudition, le pouvoir et la science. Des sphères dites froides, mystérieuses et difficilement accessible; comme la Lune apparaissait souvent; mystérieuse et inaccessible. Régnant et régissant savoirs et sciences magiques, occultes et érudites.

Ce qui n’est pas étonnant si on sait que la froideur est liée à la raison, l’intellect et le détachement nécessaire à l’objectivité. Autant de qualités prisées quand on s’adonne aux très sérieuses sphères du savoir. Abordée de cet angle, la Lune bénéficie d’un éclairage intéressant. Elle est souvent associée aux humeurs changeantes, aux visages, aux facettes et aux instabilités et fébrilités; en un mot, elle est intensité! Alors, l’aborder par sa froideur et ce qu’elle peut avoir inspiré par le passé, apporte d’autres informations, d’autres pistes.

La froideur n’est pas seulement associée exclusivement au visages masculins et divins de la lune, car si pleine et ronde, elle est de facto associée à la femme et la maternité fertile en particulier, ses autres phases parlent de magiciennes, de sorcières et de shamanes. La froideur de ces femmes qui ne sont pas que de épouses et des mères, vient rejoindre la Lune. Dans différentes mythologies, les divinités féminines reliées à la lune sont aussi des ‘’femmes froides’’. C'est-à-dire que pour les divinités masculines lunaires la froideur est une vertu porteuse de savoir et d’érudition. Alors qu’au féminin, les divinités lunaires sont des femmes sombres, inaccessibles, mystérieuses et souvent effrayantes. Le pouvoir et la savoir au féminin ayant longtemps (et encore souvent!) fait peur. La sorcière, la magicienne, est souvent mauvaise fée, froide et cruelle. Combien de déesses et dames noires cependant, si nous dépoussiérons, ont des visages qui nourrissent et guident? Combien de déesses et dames noires ont été étouffées sous des qualificatifs maléfiques et péjoratifs au détriment de leur sagesse, de leur savoir et de leur profondeur? Beaucoup; elles sont nombreuses. La froideur de la lune au féminin est souvent maléfique, parce que l’érudition a longtemps été l’affaire des hommes. Pas que les femmes érudites aient été absentes, mais elles étaient étouffées et certainement pas mises de l’avant! La savoir dans la tête d’une femme était menaçant, dangereux et gênant. Ces femmes ne pouvaient être des épouses dignes et des mères compétentes, en plus d’être érudite, savante et magicienne. Elles étaient des icônes de froideur lunaire, fascinante, dérangeante et effrayante.
La femme froide lunaire était donc souvent, à l’image des déesses noires, initiatrices, sages, matriarches, magiciennes et sages, maléfique et crainte. L’homme lunaire froid était davantage accepté et acceptable, valorisé. Un érudit ermite était normal, une femme ermite érudite; froide, dénaturée et étrange. La froideur chez les deux genres, étant interprétée et vue différemment. Les déesses lunaires volcaniques étaient des ogresses, des monstrueuses caractérielles; les dieux lunaires ont figure plus posée. Les exemples sont intéressants et nombreuses, tout comme les pistes. La froideur de la lune apporte beaucoup de réflexions au passé comme au présent.

De nos jours, plus que jamais, cette Lune, astre froid est l’inspiration de millier de femmes fortes, qui sortent des rangs, mais aussi de mères et d’épouses. Les facettes de la Lune gagnent en richesses par les modèles contemporains et actuels des femmes qui façonnent au présent la cause féminine. Elle est la femme de pouvoir, la politicienne, la matriarche ménopausée que nous sommes enclin à revalorisée, la scientifique dans un monde encore très masculin ou la magicienne et alchimiste de l’ombre contemporaine. Elle est la prêtresse qui reprend ses droits, elle est la mère qui veille sur sa famille et l’épouse-amante. La lune a toujours fasciné, passionné et guidé, inspiré. Aujourd’hui plus que jamais, sa froideur s’exprime au féminin sans vertus et qualificatifs péjoratifs. L’ère est à la lune froide qui inspire les femmes à être ce qu’elles sont profondément, dans un monde où beaucoup est encore à faire, mais où la frigidité de l’âme des femmes fortes, pionnières et différentes, n’est plus systématiquement une froideur qui dénature. Une froideur qui n’exclut pas le feu, la vie et mille autre facettes, comme nous offre la Lune, à chaque mois.