Affichage des articles dont le libellé est conte lunaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est conte lunaire. Afficher tous les articles

mardi 5 octobre 2010

L’homme au fagot


Le malfaiteur est généralement condamné à porter sur le dos, l’objet de son délit, le plus souvent un fagot de bois qu’il est accusé d’avoir ramassé un dimanche, au mépris de la trève dominicale censée être consacrée au repos et à la prière. Ainsi, les mères basques racontent à leurs enfants qu’un homme s’était chargé un dimanche d’un fagot d’épines destiné à combler un trou dans la haie de son jardin. Dieu, surnommé Jainco, prit l’homme sur le fait et le punit en l’envoyant sur la Lune avec son fagot, après lui avoir dit : ‘’Puisque tu n’as pas obéi à ma loi, jusqu’à la fin du monde, tout les soirs tu éclaireras.’’

Un récit originaire du Bourbonnais présente comme protagonistes une femme ayant fait sa lessive le jour de Pâques et son voisin ayant bouché sa clôture avec des épines le jour de Noël. Pour ces deux manquements inqualifiables, ils furent condamnés à s’exiler, la femme dans la Lune et l’homme, dans le Soleil. Or, il faisait si froid dans la Lune et si chaud dans le Soleil, que l’homme et la femme demandèrent à Dieu de bien vouloir les autoriser à changer de place. «ce fut au tour de l’homme d’avoir trop froid et à la femme d’avoir trop chaud. Ils voulurent à nouveau changer de lieu, mais cette fois, Dieu ne le permit pas.

Dans certains cas, la faute invoquée pour punir le coupable, est un manquement aux règles élémentaires de la charité et de l’hospitalité. Ainsi, les paysans du Bocage vendéen disent que l’homme est condamné à porter éternellement son fagot dans le froid de la nuit pour avoir refusé d’accueillir Jésus dans son foyer. Dans d’autres, c’est pour avoir menti en invoquant la Lune que le voleur se trouve emporté dans les cieux. C’est alors la Lune elle-même qui se fait justice, sans passer par l’intermédiaire de Dieu.

La Lune; Mystères et Sortilèges,
Édouard Brasey,
Éditions du Chêne

mercredi 22 septembre 2010

Le bonhomme dans la Lune


Bien avant que l’homme ne se rende effectivement dans la Lune, les croyances populaires attribuaient à l’astre nocturne la forme et l’apparence d’un visage humain (les yeux et la bouche étaient figurés par les taches et le relief qui constellent le satellite de la Terre) ou bien encore d’une silhouette trapue et bossue représentant tout le corps. De là sont nées les multiples légendes du ‘’bonhomme dans la Lune’’ racontées aux enfants sous toutes les latitudes. Ce ‘’bonhomme lunaire’’ a inspiré plusieurs grands classiques de la littérature enfantine, à commencer par le personnage du Pierrot lunaire, l’amoureux transis de Colombine, immortalisé notamment par la célèbre chanson ‘’Au clair de la Lune’’.
L’écrivain et dessinateur Tomi Ungerer (né en 1931) a crée à son tour le personnage de Jean de la Lune (1969), bonhomme lunaire naïf ‘’pelotonné dans la boule argenté’’, qui descend de la Lune pour aller à la Terre et se mêler à ses habitants. Ces escapades sont l’occasion de mille mésaventures comiques et poétiques dont est victime le pauvre Jean, jusqu’à ce qu’il parvienne à retourner sur la Lune à bord d’une fusée. Jacques Prévert (1900-1977), dans l’Opéra de la Lune (1974), raconte l’histoire d’un petit garçon, Michel Morin, qui durant ses rêves accomplit des voyages fantastiques guidé par la Lune.

En Europe, les contes et superstitions du folklore considèrent la plupart du temps le bonhomme dans la Lune, comme un vaurien qui s’est trouvé transporté à la surface de la Lune à la suite d’une faute grave, suffisamment, pour lui avoir valu cet exil. Exposé aux regards de tous, comme au pilori, ce prisonnier expie son châtiment tout en servant d’avertissement aux pauvres humains qui, le nez levé vers le ciel nocturne, se trouvent ainsi dissuadés de commettre des actes analogues.

La Lune; Mystères et Sortilèges,
Édouard Brasey,
Éditions du Chêne

mercredi 30 juin 2010

L’eau d’immortalité


On raconte en Extrême-Orient que jadis, le Soleil et la Lune, qui régnaient dans le ciel, prirent en sympathie les faibles humains et décidèrent de leur faire don d’immortalité. Pour cela ils envoyèrent sur la Terre un messager chargé de deux seaux attachés à un joug calé sur ses épaules. Le premier seau contenait de l’eau d’immortalité, destinée aux hommes, tandis que le second, contenait l’eau de mortalité vouée aux serpents. Le messager descendit sur la Terre et marcha longtemps en direction du campement des hommes. Fatigué, il se reposa un moment sur le bord du chemin, après avoir posé son joug au sol. C’est alors qu’un serpent se faufila entre ses jambes et renversa le seau rempli de l’eau d’immortalité qui se déversa sur lui.

Depuis, les serpents sont immortels et changent simplement de peau au moment des mues. Affolé, le messager constata que son premier seau était vide; l’eau d’immortalité destinée aux hommes avait été gâchée par le serpent et bue par la Terre. Il prit alors le second seau et le versa sur les hommes qui connurent la souffrance et la mort. Lorsqu’il remonta au ciel pour faire son compte-rendu, le messager coupable fut condamné par le Soleil à demeurer désormais debout sur la Lune avec son joug et ses deux seaux. Depuis, l’eau d’immortalité est à jamais perdue pour les hommes. Pour compenser, la Lune fait pleuvoir sur eux, chaque année à la veille du Nouvel An chinois, une eau de fécondité qui leur permet d’avoir une descendance nombreuse.

La Lune; Mystères et Sortilèges, Édouard Brasey, Éditions du Chêne